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Chroniques

Malgré tout, aimer vivre

Trois livres de poésie — ceux de Patrick Roy, Shawn Cotton et Virginia Pesemapeo Bordeleau — pour goûter notre chance d’être en vie.

Bulles d’automne

Jamais de son histoire la bande dessinée québécoise n’aura fait preuve d’autant de dynamisme. Cette copieuse rentrée culturelle propose une pléthore de titres explorant différents genres et tons. En voici un étonnant échantillonnage.

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Des oies et notre vie sous surveillance

Je vous propose deux essais. L’un traitant d’oiseaux, l’autre d’information et de Big Data — mais il arrive que ces mégadonnées concernent aussi les oiseaux.

Jazzmen et globe-trotteurs

Deux livres superbement illustrés nous font découvrir des lieux et des gens peu connus… mais qui devraient l’être beaucoup plus.

Les grandes désillusions

L’écrivaine anglaise Anna Hope décortique avec lucidité l’effondrement du rêve de l’âge adulte, une fois qu’on y est, de la même manière qu’Elena Ferrante raconte sa fracturation depuis le point de vue d’une enfant. D’une manière ou d’une autre, on ne s’en sort pas : vieillir rime avec la perte des illusions.

Ismaïl Kadaré : Dans l’obscure Albanie

C’est un pays montagneux, pluvieux et étrange, balkanique et petit, à l’histoire sombre, dans lequel on ne va pas en vacances ; après la guerre de 39-45 son peuple fut soumis à Staline puis un dictateur du cru, Enver Hodja, rompit avec l’URSS de Khrouchtchev pour le ranger, tout aussi asservi, sous Mao. Homère merci!, un écrivain, Ismaïl Kadaré, en a décrit le suc et le sort d’une plume courageuse, inspirée, indomptable.

Frissons

D’où viennent les frissons littéraires? Ne naissent-ils que de la peur ou peuvent-ils surgir autrement? J’ai longtemps eu « peur d’avoir peur », mais il semblerait que je me découvre de plus en plus un intérêt pour l’horreur. Toutefois, pour me faire frissonner, il faut que l’histoire s’ancre dans le réel, dans le possible, dans une culture plus large aussi afin que la peur fasse écho à d’autres émotions plus anciennes.

Question de diversité

La question de la diversité en culture a été sur toutes les lèvres dans les derniers mois. De nombreux éditeurs se sont d’ailleurs rencontrés afin de voir comment ils pouvaient s’assurer d’éditer des ouvrages mettant en scène davantage de personnages de la diversité sans que cette différence ne soit le sujet du récit et comment ils pouvaient s’assurer de publier des auteurs et des illustrateurs d’origines diversifiées. Cet automne, quelques textes mettent toutefois déjà la diversité de l’avant.

Prise d’otages, chantages et meurtres à huis clos

Contrairement à ce qu’affirment parfois ses détracteurs qui dénoncent son manque d’originalité et ses thématiques redondantes, le roman policier actuel se caractérise par une incroyable diversité. Cette création polymorphe d’une grande richesse stylistique et narrative permet aux auteurs contemporains d’exercer dans un vaste registre de colorations, de thèmes et d’ambiances et d’attirer un auditoire de plus en plus large et une popularité de plus en plus grande.

Autour du polar historique, ou ces crimes conjugués au passé…

Qu’est-ce qu’un roman policier historique? Même si nous en trouvons quelques rares exemples sous la plume d’auteurs d’antan comme Agatha Christie, John Dickson Carr, Nicholas Meyer et autres, ce sous-genre très populaire a vraiment gagné les faveurs du grand public après la publication du best-seller Au nom de la rose, d’Umberto Eco.

Toutes les couleurs du chaos

Êtes-vous du type bureau de travail rangé ou chaos contrôlé? Désordre complet, peut-être? Personnellement, j’aime les espaces surchargés où les cernes de café impriment sur le bois des formes insolites, quasi ésotériques, où les surligneurs en pagaille créent des arcs-en-ciel inattendus tandis que les piles de livres se hissent comme des Babel précaires vers le plafond.

Toi qui entres ici

Connaissez-vous la nécromancie? Cet art divinatoire permet, dit-on, d’invoquer les morts. Mais il existe une pléthore d’arts divinatoires, dont plusieurs étonnants, voire extravagants : la dendromancie (lire l’avenir dans les arbres), l’onychomancie (par le reflet des ongles) ou même la tyromancie, la prophétie par les fromages!

Les animaux et l’élargissement de la sphère éthique

Aux États-Unis, vers 1750, le fait de posséder des esclaves ne troublait pas grand monde. Mais en 1850, la chose était devenue très controversée et, au début du XXe siècle, l'esclavage était une pratique absolument inadmissible, pour à peu près tout le monde.

Le bien commun

En Occident, vivre pendant toute une année en réduisant au maximum son empreinte écologique est un pari à la portée de nombreuses personnes, qu'on soit de la campagne ou de la ville. Le défi frise néanmoins l'utopie — et pour certains esprits défaitistes, la folie — quand on habite dans une mégapole où surconsommation rime avec pollution, quand nos moeurs laissent des traces nuisibles, indélébiles et souvent invisibles. C'est pourtant le pari fou qu'ont décidé de relever un New-Yorkais et sa petite famille. Un pari réussi.

La marcheuse au bout de la nuit

La première fois que j’ai entendu le nom d’Ouanessa, c’était le 22 août 2012 et je marchais sur le boulevard René-Lévesque avec des dizaines de milliers d’autres. Après avoir tendu mon poème-affiche Jeanne au cœur de mai au député de Mercier Amir Khadir, ce dernier m’a répondu qu’il fallait absolument que je lise le poème Nous marchons d’Ouanessa… et son nom de famille s’est perdu dans la clameur, le député s’est éloigné, j’ai noté sur un exemplaire de mon poème le prénom de Ouanessa, en le faisant commencer par W, comme un épais qui se magasine une assurance chez Wawanesa. Au lancement de son dernier livre, je suis monté sur scène pour lire ce très beau poème que j’avais recopié à la main juste avant de partir de chez moi.

Au cœur du monde

C’est un vieux fantasme. Tout écrivain rêve d’épuiser un lieu, l’instant d’une journée. De décrire la vie qui s’y trouve sous tous ses angles, comme un kaléidoscope tournant sur lui-même à l’intérieur de sa pensée, captant la lumière et la diffractant en autant de prismes de visions. Le plus monumental achèvement, en ce sens, demeure Ulysse de l’écrivain irlandais James Joyce, un pavé de 800 pages qui, d’une couverture à l’autre, trace le portrait du 16 juin 1904, une journée comme les autres dans l’étang noir dublinois. Georges Perec, autre farceur notoire, s’installa un jour au Café de la Mairie, place Saint-Sulpice, pour prendre compulsivement en note tous les faits et gestes qu’il observait autour de lui. Sa Tentative d’épuisement d’un lieu parisien n’est pas une lecture agréable, mais expérimentale au sens fort du mot. La science de cet oulipien s’impose comme un art de la futilité élevé au rang d’expérience métaphysique.

Au pied de la lettre

Mais à quoi donc s’affairent les écrivains quand ils n’écrivent pas? Que font les autrices, au moment de déposer la plume? La trivialité du quotidien pourrait nous fournir quelques pistes de réponse. Pourtant, entre le lavage, la vaisselle, l’élevage des héritiers et le paiement des factures, force est de constater que les écrivains écrivent encore. Parfois, ils écrivent même davantage lorsqu’ils cessent d’écrire; une fois l’œuvre mise de côté, leurs relations épistolaires nous offrent certaines de leurs meilleures comme de leurs pires pages. Souvent contre leur propre volonté.

Bienvenue dans le club

Tout au long de cette année hors du commun, les livres sont demeurés une valeur sûre. Une valeur refuge.

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