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Genre queer

En tant que non-binaire, Genre queer m’a affecté plus que je ne le pensais. Que ce soit l’envie d’avoir un prénom mixte, vouloir une mastectomie, arrêter d’avoir mes règles, magasiner dans la section femmes et hommes, et bien plus… je me suis senti compris par l’auteur.e. Beaucoup de choses semblent si logiques et évidentes, c’est comme si Maia racontait ma vie en même temps que la sienne. Dès la sixième page, je savais que ce chef-d’œuvre allait me faire sentir bien dans ma peau et que mes doutes allaient s’envoler. Fille ou garçon? Aucun des deux et je suis parfait.e comme ça! Que vous soyez en plein cheminement personnel ou à la recherche d’informations pour aider une personne de votre entourage, c’est une lecture à ne pas manquer!

Parfois les lacs brûlent

Lorsque le lac Kijikone prend feu, quatre ados cèdent à la tentation de vérifier si la légende dit vrai : les choses qu’on y lance se transformeraient en or. Ils partent donc en expédition, à l’insu de tous, en quête de rêves et de richesse. La route s’avérant plus ardue que prévu, deux d’entre eux retournent à la maison. Len et Théo la poursuivent seuls. Alors qu’ils sont impressionnés et excités lorsqu’ils parviennent au lac, une certaine tension naît entre eux et un drame se joue. À travers les illustrations en teintes ombragées et les silences évocateurs de pages magnifiques, Geneviève Bigué parvient à glisser un texte et des personnages tout en nuances, plein de non-dits qui enrichissent l’histoire et le rythme du récit. C’est superbe, vraiment.

La mer verticale

Une bande dessinée qui vous fera retenir votre souffle! Cette histoire est si bien racontée que l’on s’immerge dans les crises de panique d’India comme si on les vivait en même temps qu’elle. Nous suivons le personnage principal au cours de sa vie, dans les moments agréables, mais également dans les plus difficiles. On apprend comment elle gère ses crises, de quelle manière elle apprend à vivre avec son trouble panique et la difficulté à laquelle son partenaire fait face pour aider India dans son cheminement de guérison. Une grande sensibilité nous y attend, avec de l’amour et de la peur. Nous nous submergeons dans cette angoisse verticale aux couleurs froides comme la mer.

Enquête en eau trouble

Kate Reed Petty est cette autrice qui nous a offert l’année dernière le roman True Story. Encore une fois, elle aborde le thème des fake news et l’importance de la provenance des informations que l’on reçoit. Ses propos, solides, s’insèrent parfaitement dans ce roman graphique destiné aux ados, qui nous éveille aux enjeux actuels et montre la difficulté de démêler le vrai du faux, même à l’école où les rumeurs sont faciles à répandre. À 13 ans, Ruth tient une « niouzletter » dans laquelle elle publie les nouvelles qui ont retenu son attention. Un jour, elle découvre une substance noire dans l’eau du lac. En soumettant à l’analyse un échantillon, elle découvre que l’eau contient des polluants. Mais qui est responsable? Ruth fera son enquête. Dès 11 ans.

A Tail’s Tale (t. 2)

Nachi, membre du club de softball, se sent différente des autres à cause de sa couleur de peau. Certains lui font le commentaire, d’autres chuchotent dans son dos. Lorsqu’elle rencontre Utsumi, elle se rend compte que sa condition est moins terrible qu’elle l’imaginait! Elle découvre malgré elle le secret de ce garçon, tout comme d’autres, mais dont les intentions sont malveillantes. Utsumi est forcé malgré lui de déménager sans en avertir Nachi. Cet événement referme son cœur et elle n’espère qu’une chose : retrouver Utsumi. Une évolution des personnages intéressante, une série attrayante qui explique l’acceptation de soi et où les lecteurs peuvent s’identifier facilement aux personnages. Ça vaut le détour!

Le poids des héros

Après sa brillante adaptation du Joueur d’échecs de Stefan Zweig, David Sala nous régale avec ce récit (auto)biographique qui nous plonge dans l’histoire de ses grands-pères, survivants de guerre, dont l’envergure a pesé sur l’existence du bédéiste dès sa jeunesse dans les années 1970. L’exubérance graphique de cette époque, alliée à l’imagination de l’enfance, offre un recul saisissant face aux événements tragiques auxquels ses aïeux ont été confrontés, et qui le marqueront tout au long de sa carrière. Le dessin époustouflant à la plume, l’aquarelle et l’acrylique, à la confluence des peintres de la Sécession viennoise et des naïfs russes insufflent à ce récit personnel une universalité foudroyante.

Comment maigrir

Comment maigrir? Grande question existentielle que l’on se pose parfois en voyant notre graisse corporelle confrontée à la gravité. Est-ce qu’un bédéiste comme Sfar peut remplacer un régime Montignac? J’en doute fort, mais votre rire grossira certainement à le voir s’acharner sur les diètes! Son manque de volonté fait un pied de nez à la servitude et au culte maladif du corps sain. On aime Sfar pour ses carnets intimistes et pathétiques, on aime son éternelle vulnérabilité, et que dire de la richesse de son monde intérieur, infini lui aussi. Ce journal dessiné écrit durant la pandémie est touchant par ses questionnements : sur la vie et la mort, mais aussi sur les violences faites aux femmes, sur la religion et la parentalité.

La bibliomule de Cordoue

Espagne, 976. Cordoue vit une période culturelle faste sous l’égide des califes Abd al-Rahman III et son fils al-Hakam II. Mais à la mort de ce dernier, le vizir décide de prendre le pouvoir avec l’appui des fondamentalistes religieux, quitte à promettre de brûler 400 000 livres jugés impies de l’extraordinaire bibliothèque de la cité andalouse. Un eunuque, une copiste et un voleur tenteront alors de sauver les ouvrages les plus précieux sur le dos d’une mule bien capricieuse. Quelque part entre Le nom de la rose et La grande vadrouille, cette fable satyrique invite à rire, mais aussi à réfléchir sur le pouvoir et la défense du savoir face aux obscurantismes idéologiques, peu importe l’époque ou la civilisation. Ajoutez un dessin semi-réaliste épatant, des couleurs chatoyantes, un découpage dynamique et vous obtenez une BD aussi précieuse à conserver sur vos étagères que le Traité de médecine d’al-Razi.

Une si belle couleur (t. 1)

La vie d’Aya est un vrai cauchemar : après avoir été accusée d’avoir eu une relation avec son professeur d’art, son monde a basculé. Elle s’est retrouvée sans amis, sa réputation tachée, et sa dignité piétinée. Tout change lorsqu’un nouvel élève métis, Aimu, fait son apparition. Avec son charisme, il attire toute l’attention, mais porte la sienne vers Aya. Pour celle qui voulait se fondre dans la classe, c’est peine perdue! Notre chère Aimu l’a déjà dans sa ligne de mire. Il y a là une romance douce et réconfortante et des instants de bonheur à chaque chapitre. L’évolution des personnages se fait un peu vite puisque la série est complète en seulement deux tomes, mais ça reste cohérent et fluide.

Seuls

En ces temps où les grands de ce monde se chicanent à propos de dizaines de milliers d’immigrants autour d’enjeux économiques, voici un récit qui éveille en douceur les plus jeunes à la dure réalité des mineurs déracinés, sans leurs parents. Les dessins plus évocateurs que réalistes, qui utilisent la puissance d’un minimum de couleurs, ont une force incroyable pour raconter trois vies (vraies) qui, à elles seules, résument tout le courage et la résilience qu’il faut pour passer, à travers sacrifices, espoirs et déchirements, de l’horreur à une vie meilleure. Un ouvrage que je considère comme essentiel pour parler à nos jeunes d’(in)humanité. Dès 10 ans.

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