William M. Messier: Une étrange odeur de réussite

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Une odeur de diesel mélangée aux pénibles parfums des charognes. Voilà ce qu’Étienne, personnage principal du roman Épique de William S. Messier (Marchand de feuilles), devra subir pendant l’été 2005. Road novel au coeur des Cantons-de-l’Est, ce récit s’avère une des bonnes surprises de la rentrée, un condensé d’humour fin qui s’amuse à tisser des liens entre le folklore et la modernité. «Je trouve le paradoxe entre les deux concepts intéressant, puisqu’ils sont normalement opposés», souligne celui qui a signé le recueil de nouvelles Townships en 2009.

Pendant la période estivale, Étienne ramasse chevreuils morts et moufettes écrasées au côté de Jacques Prud’homme, une légende du tout Brome- Missisquoi. Puis, après de multiples signes avantcoureurs, un déluge frappe la région. Frappe également l’imaginaire des Estriens, qui ont alors bien besoin de ces héros locaux. Au détour, Messier discourt sur le temps. «C’est un élément important du texte, croit-il. L’idée de prendre le temps, de se l’approprier est mise de l’avant.»

Décidément, Messier, originaire de Cowansville, magnifie sa région natale: «Je me considère chanceux d’avoir trouvé un terreau aussi fertile», déclare l’auteur dans la mi-vingtaine. Inspiré de la prose de Mark Twain, «un géant de la littérature mondiale», Épique magnétise. Embarquez dans ce pick-up, toutes fenêtres baissées, une casquette John Deere sur la tête!

Bibliographie :
Épique, William S. Messier, Marchand de feuilles, 282 p. | 19,95$

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