Lectures de tempête

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Une journée de tempête, c’est l’occasion idéale pour lire. Toutes les lectures s’avèrent parfaites quand il est temps de s’emmitoufler, mais voici quand même quelques idées pour accompagner cette bordée de neige et ce vent qui déferle.


La tempête
Gabriel Anctil (XYZ)

Le 5 janvier 1998, une tempête de pluie verglaçante s’abat sur le Québec. En l’espace de quelques heures, des millions de personnes seront privées d’électricité. Jean, quatorze ans, et ses parents, Marie et Louis, sont de ceux-là. Ils trouveront refuge chez la grand-mère de Jean dans le quartier Outremont, à Montréal, où habitent également son oncle Arthur et sa femme Manon. Ce qui aurait pu être une occasion de resserrer les liens familiaux se transforme vite en un huis clos intense et révélateur, où les masques tomberont un à un.


Le froid modifie la trajectoire des poissons
Pierre Szalowski (BQ)

4 janvier 1998. Un garçon de dix ans apprend que ses parents se séparent. Tout son monde s’’effondre. Il pleure, puis se tourne ensuite vers le ciel à qui il demande tout bonnement de sauver sa famille. Le lendemain s’abat sur la ville une tempête de verglas historique. La catastrophe naturelle amène avec elle son lot de changements. Face à l’adversité, des liens se créent. Dans le froid, l’entraide, la solidarité et l’altruisme enflamment les cœurs. Mais la tempête aura-t-elle l’effet escompté sur la famille de notre jeune héros?


Esprit d’hiver
Laura Kasischke (Le Livre de Poche)

Lorsqu’elle se réveille ce matin-là, Holly, angoissée, se précipite dans la chambre de sa fille. Tatiana dort encore, paisible. Pourtant rien n’est plus comme avant en ce jour de Noël. Dehors, le blizzard s’est levé; les invités ne viendront pas. Au fil des heures, ponctuées par des appels téléphoniques anonymes, Tatiana devient irascible, étrange, inquiétante. Holly se souvient : l’adoption de la fillette si jolie, treize ans auparavant, en Sibérie. Holly s’interroge : « Quelque chose les aurait suivis depuis la Russie jusque chez eux? »


Neige 
Orhan Pamuk (Gallimard)

Neige est un extraordinaire roman à suspense qui, tout en jouant habilement avec des sujets d’ordre politique très contemporains – comme l’identité de la société turque et la nature du fanatisme religieux –, surprend par ce ton poétique et nostalgique qui, telle la neige, nimbe chaque page.


Le cœur de la tempête
Herménégilde Chiasson et Louis-Dominique Lavigne (Prise de parole)

Christiane et Michel, par un contrat étrange rédigé sur un coup de tête en 1975, se sont engagés à se quitter le jour de l’An 2000. Nous sommes le 31 décembre 1999, veille du jour fatidique. Tout en attendant leurs enfants Sébastien et Geneviève pour un dernier réveillon en famille, le couple fait ses valises, prépare des boîtes dans lesquelles il se partage les effets personnels accumulés au fil du temps. La conversation porte sur leur vie commune, les inquiétudes concernant le choix de carrières de leurs enfants et, bien évidemment, la manière de leur annoncer la rupture imminente. Le temps passe. Geneviève et Sébastien tardent à arriver. Dehors, une tempête fait rage. Ce texte pour adolescents examine les rapports toujours complexes entre les générations. Ces relations souvent conflictuelles s’expriment très ouvertement, voire candidement, et finissent par composer la riche trame d’une société en pleine évolution. C’est ce dont témoigne Le cœur de la tempête, un texte au lyrisme tonique et à l’humour corrosif, qui met en scène des personnages aussi colorés qu’attachants.


Ouvert l’hiver
Sébastien Dulude (La Peuplade)

Une maison s’offre ouverte, débarrée, prête à accueillir qui veut se réchauffer ou dormir, simplement. Tombent de ce calendrier d’hiver quelques poèmes blancs – avec la neige, les yeux et le soir –, s’enchaînent une série de petites pièces ciselées que Sébastien Dulude a voulu glaciales dans leur forme et chaudes dans leur langue. Les engelures, le vin chaud, les tuyaux gelés, le calorifère, la buée, la tempête : ouvert l’hiver dessine ces images connues de notre imaginaire nordique, de part et d’autre de fenêtres brillantes, au bord desquelles le sujet hésite. Ces poèmes, délicats mais sonores, obsessivement ficelés, aspirent à confondre beauté et rudesse, chaleur et malaise, dans une intimité teintée d’ambiguïté.


Première tempête
Claude K. Dubois (Pastel)

Albert le petit oiseau est sur son arbre. Il voit les feuilles qui volent, l’arbre qui penche. C’est sa première tempête puisqu’il est né au printemps. Apeuré, il s’accroche à sa branche et pense à sa maman et à son nid qui lui manquent terriblement.


Jour de neige
Komako Sakaï (L’école des loisirs)

Ce n’est pas un matin comme les autres. Maman me dit que je peux rester encore au lit, car il n’y a pas d’école. Le bus scolaire est resté bloqué… par la neige. La neige?! Mais je n’ai pas envie de rester au lit! Je veux vite mettre mes chaussures et courir dehors! Malheureusement, maman dit non. « Quand il aura cessé de neiger. Sinon, tu vas attraper un rhume. » Il faut se contenter d’une toute petite sortie sur le balcon. Tout est si calme dehors, ni voitures, ni passants. Nous écoutons le silence de la neige qui tombe et nous avons l’impression d’être seuls sur la terre. À midi, la neige tombe encore, et à l’heure du goûter aussi. Le soir, à la télévision, un monsieur explique que tant qu’il neige, l’avion qui doit ramener papa à la maison ne peut décoller… Mais comme une journée si étrange ne peut s’achever que de manière extraordinaire, c’est à l’heure du coucher et sous les étoiles que le petit garçon de cette histoire pourra enfin jouer dans la neige.

(Les résumés sont ceux des éditeurs.)

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