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Littérature étrangère

Les libraires - Numéro 96
Rentrée 2016 : Littérature étrangère

Rentrée 2016 : Littérature étrangère

Par Alexandra Mignault, Les libraires, publié le 30/08/2016

À surveiller

Repose-toi sur moi
Serge Joncour (Flammarion)
Aurore est une styliste à bout de souffle. Son entreprise a des dettes et les corbeaux qui envahissent sa cour l’obsèdent peu à peu. Elle rencontre Ludovic, un ancien agriculteur maintenant recouvreur de dettes qui habite son immeuble, un homme solide, croit-elle, sur qui elle peut s’appuyer. Une histoire d’amour naîtra entre eux même s’ils ont peu en commun, si ce n’est d’être dépassés par la vie. Un grand roman!

Les mots entre mes mains
Guinevere Glasfurd (Préludes)
Helena, une servante à Amsterdam chez un libraire anglais, rencontre le philosophe René Descartes, qui est impressionné par son esprit et sa détermination. Malgré leurs différences, ils tombent amoureux. Mais où cette histoire les mènera? Un premier roman maîtrisé et captivant qui met en scène le célèbre philosophe français et son histoire d’amour méconnue.

 

Séduire Isabelle A.
Sophie Bassignac (JC Lattès)  
Pierre, amoureux d’Isabelle, a demandé cette dernière en mariage. Mais il doit d’abord être « approuvé » par sa famille, son clan. Alors qu’il s’attendait à une rencontre familiale ordinaire, il se retrouve mis à l’épreuve par une famille extravagante qui semble avoir tout vu, tout lu et qui semble tout connaître… La famille, ce n’est pas toujours de tout repos, découvre-t-on dans ce récit empreint de finesse. 

Le syndrome de la vitre étoilée
Sophie Adriansen (Fleuve)
Stéphanie désire avoir un enfant avec son copain. Au risque de s’oublier, ce but ultime prend toute la place, devient une obsession. Forcément, l’amour s’étiole. Stéphanie se définit-elle seulement par le désir d’être mère? Un récit introspectif, à la structure originale et rythmée, par fragments, qui charme par son authenticité.

L’insouciance
Karine Tuil (Gallimard)
Après L’invention de nos vies, Karine Tuil plonge encore une fois dans la complexité du monde avec ceroman dense sur la haine engendrée par le 11 septembre. Le lieutenant Romain Roller, anéanti à son retour d’Afghanistan, a une aventure avec une jeune journaliste, mariée à un entrepreneur important qui se retrouve dans l’embarras à cause d’une photo. Un ami d’enfance de Romain prendra la défense du mari, ce qui liera étrangement ces personnes.

Parmi les loups et les bandits
Atticus Lish (Buchet Chastel)
Le premier roman d’Atticus Lish se déroule à l’ère post-11 septembre, dans cette Amérique meurtrie. Une clandestine et un vétéran de la guerre d’Irak, des amoureux, cherchent un refuge à New York; ils errent. Ce roman puissant d’une dure réalité, qui a remporté le PEN/Faulkner Award for Fiction 2015, montre le désenchantement du rêve américain.

Aquarium
David Vann (Gallmeister)
À Seattle, Caitlin, âgée de 12 ans, captivée par le monde marin, se rend tous les jours à l’aquarium après l’école. C’est là qu’elle rencontre un vieil homme avec qui elle se lie d’amitié. Mais sa mère lui apprend un secret à propos de cet homme qui la bouleverse. L’auteur de Sukkwan Island illumine à nouveau avec la grâce de sa plume dans ce roman sur les blessures du passé.

Écoutez nos défaites
Laurent Gaudé (Actes Sud/Leméac)
Un agent des services de renseignements français doit retrouver un Américain, ancien membre des commandos d’élite, soupçonné de trafics. Au cours de cette mission, il rencontre une archéologue irakienne qui essaie de récupérer des vestiges des villes bombardées. On ne sort pas indemne de cette lecture qui incite à vivre pleinement et qui montre « que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu’on meure pour elles ».

Pour les lecteurs fidèles
Comme pour chaque rentrée automnale, Amélie Nothomb publie un nouveau livre. Cette fois, il s’intitule Riquet à la houppe (Albin Michel). Un autre habitué des rentrées littéraires, Éric-Emmanuel Schmitt, s’intéresse aux attentats par le biais d’un journaliste curieux, motivé à comprendre les hommes (L’homme qui voyait à travers les visages, Albin Michel). Les bottes suédoises, l’ultime roman de Henning Mankell, décédé en 2015, fait suite au roman Chaussures italiennes et met en scène un homme solitaire qui revisite son passé et tente de reprendre goût à la vie. De son côté, Jean-Paul Dubois revient enfin sur ce qui fait sa force avec une brillante saga familiale sur trois générations et une réflexion sur la mort (La succession, L’Olivier). C’est à une chasse à l’homme qu’Andreï Makine nous convie dans L’archipel d’une autre vie (Seuil). Pavel Gartzev et ses comparses doivent retrouver un criminel. Régis Jauffret, quant à lui, revient avec Cannibales (Seuil), un roman épistolaire sur l’amour. Tout commence lorsque Noémie écrit à la mère de l’homme qui vient de la laisser. Une correspondance étrange se poursuit entre elles. Le dernier livre de Jim Harrison, intitulé Le vieux saltimbanque (Flammarion) en français, a été publié en anglais un mois avant sa mort. Il y raconte les moments marquants de sa vie.

À lire aussi :
Babylone de Yasmina Reza (Flammarion)
L’absente de Lionel Duroy (Julliard)

 

Pour les lecteurs qui essaient de comprendre le monde
Jonathan Coe interroge le monde contemporain et ses travers dans une satire sociale bien ficelée, Numéro 11 (Gallimard), qui s’articule avec originalité autour du chiffre onze. Réalité et vérité se côtoient dans Tabou de Ferdinand von Schirach (Gallimard), un roman mystérieux qui dérange nos certitudes dans lequel un photographe signe des aveux de meurtres alors qu’aucun corps n’a été retrouvé. Son avocat essaie de prouver son innocence. Les attentats de janvier 2015 en France font écho à la vie intime de la narratrice du roman À la fin le silence (Laurence Tardieu, Seuil), qui tente d’écrire alors que tout s’écroule afin d’affronter l’innommable.

À lire aussi :
Et la vie nous emportera de David Treuer (Albin Michel)
Règne animal de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard)
Cartographie de l’oubli de Niels Labuzan (JC Lattès)
Judas d’Amos Oz (Gallimard)
Anatomie d’un soldat de Harry Parker (Bourgois)

 

Pour les lecteurs qui aiment réfléchir à la condition humaine
Dans Le grand jeu de Céline Minard (Rivages), une femme s’isole dans un refuge d’une montagne, s’imposant un entraînement physique et une démarche spirituelle afin de méditer sur le sens de la vie. Elle rencontre une ermite qui chamboulera ses plans. La solitude n’est pas toujours facile… Autre personnage solitaire en pleine introspection, dans lepremier roman de l’auteure de Rosa candida, Auður Ava Ólafsdóttir, Le rouge vif de la rhubarbe (Zulma). Encore une fois, on retrouve la beauté de sa plume, la poésie du quotidien et l’espoir qui émane du récit. Dans les hauteurs du village,Ágústína songe au chaos et à la beauté du monde. Mais elle prévoit un plus grand voyage. Malgré ses béquilles, elle désire grimper les 844 mètres de la montagne. Un ravissement.

À lire aussi :
La vie est faite de ces toutes petites choses de Christine Montalbetti (P.O.L)

 

Pour les lecteurs romantiques
Dans Les deux pigeons, Théodore et Dorothée forment un couple et tout est beau fixe, mais les choses étant ce qu’elles sont, ils s’interrogent tout de même sur le sens de leur vie, réfléchissent à des projets, se demandent s’ils veulent fonder une famille, par exemple. Portrait d’un couple et d’une génération, ce roman d’Alexandre Postel (Gallimard) séduit grâce à ses personnages attachants et à ses questionnements universels sur l’art de vivre. Dans un autre genre, I Love Dick de Chris Kraus (Flammarion) raconte l’amour à sens unique, presque obsessif d’une femme pour un homme qu’elle a rencontré une seule fois. Exploration du désir, relation homme-femme, place de la femme dans le couple : ce roman aborde plusieurs thèmes actuels. L’amour, l’art, la création et la beauté sont au cœur de l’exaltant New York, esquisses nocturnes de Molly Prentiss (Calmann-Lévy). Dans le New York artistique des années 80, un peintre argentin en exil se fait remarquer par un critique d’art reconnu. Les deux se retrouvent liés par le destin, tandis que l’amante du peintre gravite également autour d’eux.

À lire aussi :
Le dernier des nôtres d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Grasset)
Si tu me voyais comme je te vois de Nicholas Sparks (Michel Lafon) 

 

Pour les lecteurs qui souhaitent se retrouver
En Afrique subsaharienne, quatre femmes assumant difficilement leur féminité prennent parole tour à tour, s’adressant au même homme, et racontent leur vie intime. Après La saison de l’ombre qui lui a valu le prix Femina, Léonora Miano met en scène des femmes, à la fois fortes et fragiles, dans un roman sensuel (Crépuscule du tourment, Grasset). Lawrence Hill, l’auteur d’Aminata, signe Le sans-papiers (Pleine lune), un roman sur l’identité et l’appartenance, dans lequel un jeune clandestin se bat pour rester dans un pays, qui pourrait l’expulser. La narratrice de Cent jours de pluie (Carellin Brooks, Les Allusifs) doit se reconstruire après une rupture.

À lire aussi :
10:04 de Ben Lerner (L’Olivier)
Les coïncidences exagérées de Hubert Haddad (Mercure de France)

 

Pour les lecteurs qui aiment être dépaysés
L’auteur-compositeur-interprète Gaël Faye publie son premier roman avec Petit pays (Grasset). Il a inventé des personnages pour revivre son enfance au Burundi, « pour faire surgir un monde oublié ». Dans Continuer de Laurent Mauvignier (De Minuit), Sibylle voyage à cheval avec son fils dans les montagnes du Kirghizistan pour le protéger afin qu’il ne lui arrive pas la même chose qu’à elle, puisque sa vie n’est pas ce qu’elle croyait être. Peut-être pourra-t-elle se retrouver. L’auteur traite ici de la peur des autres, mais également de soi. Le voyage de Hanumân d’Andreï Ivanov (Le Tripode) raconte l’exil de deux écorchés au Danemark dans un camp de réfugiés et leur quotidien difficile. Dans une ode à la musique et à l’amour, Yasmina Khadra s’inspire de la joie de vivre du peuple cubain pour son nouveau roman, Dieu n’habite pas La Havane (Julliard), où s’imprègne la nostalgie d’une jeunesse révolue. Un ancien roi de la rumba chante toujours dans les cabarets de La Havane, mais sa gloire n’est plus ce qu’elle était. Il tombe amoureux d’une jeune femme mystérieuse avec qui une histoire semble impossible. Zoé Valdés rend elle aussi hommage à La Havane, sa ville natale, dans La Havane mon amour (Arthaud), où elle décrit avec sensibilité les lieux de son enfance.

À lire aussi :
33 révolutions de Canek Sánchez Guevara (Métailié)
Le naturaliste d’Alissa York Le naturaliste (Liana Levi)
Sweetland de Michael Crummey (Leméac)
Désorientale de Négar Djavadi (Liana Lévi)
Vivre près des tilleuls d'un collectif (Flammarion)


Pour les lecteurs qui aiment le merveilleux et l’aventure
Avec le conte merveilleux Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits (Actes Sud), Salman Rushdie s’intéresse à la vie contemporaine, mais par l’œil de la mythologie grâce aux djinns, des créatures fantastiques immortelles qui sont fascinées par la finitude des hommes. Une fable à l’imaginaire foisonnant sur la déraison de notre époque. Tonino Benacquista, quant à lui, interroge la transmission des légendes dans Romanesque (Gallimard). Un couple en cavale risque de se faire prendre en allant au théâtre voir un classique médiéval. La fiction se mêle à la réalité dans ce roman d’aventures.

À lire aussi :
Le dentier du maréchal, madame Volotinen et autres curiosités d’Arto Paasilinna (Denoël)

 

Pour les lecteurs qui n’ont pas froid aux yeux
La faim blanche d’Aki Ollikainen inaugure la nouvelle collection « Fictions du Nord » de La Peuplade. Ce roman fait de froid, de désespoir et de courage raconte la dramatique épopée d’une femme et de ses enfants lors de la grande famine de 1867, en Finlande. À pied, dans la neige et le vent, ils quittent leur pays vers l’inconnu, se dirigent vers Saint-Pétersbourg là où, dit-on, il y aurait encore du pain. La brutalité de la nature est aussi dépeinte dans L’heure de plomb de Bruce Holbert (Gallmeister) où, en 1918, des jumeaux de 14 ans se perdent dans une tempête de neige. Une femme les recueille, mais un seul des deux survit…

 

Pour les lecteurs en deuil
Dans Comment tu parles de ton père (Albin Michel), le bédéiste et réalisateur Joann Sfar, qui a perdu sa mère quand il était enfant, parle de son histoire familiale après le décès de son père, un homme qu’il admire et craint, et qu’il ne pleure pas comme il le devrait. L’écrivain, scénariste et metteur en scène Samuel Benchetrit revient sur le décès de sa femme par le biais d’un roman douloureux et poétique, soit La nuit avec ma femme (Plon), dans lequel le narrateur reçoit la visite du fantôme de sa femme et lui montre son quotidien sans elle, la pesanteur de son absence. M pour Mabel d’Helen Macdonald (Fleuve) raconte l’histoire d’Helen, qui perd son père d’une manière inattendue. Passant par toutes les étapes du deuil, elle entreprend d’apprivoiser un rapace réputé pour être indomptable. Un défi qui lui permettra de prendre du temps pour elle et de se retrouver. Douleur et beauté se côtoient dans À tout moment la vie de Tom Malmquist (Noir sur blanc), un roman bouleversant sur l’existence. Alors que Karin est enceinte, elle apprend qu’elle a la leucémie. Elle réussit à mettre l’enfant au monde, mais ne survit pas. Tom rentre donc seul avec l’enfant devant affronter la perte de celle qu’il aime. Même absente, elle reste présente pour lui.

À lire aussi :
L’autre qu’on adorait de Catherine Cusset (Gallimard)
Nora Webster de Colm Tóibín (Robert Laffont)
Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau (Les Escales)
Fils du feu de Guy Boley (Grasset)
Les règles d’usage de Joyce Maynard (Philippe Rey)

 

Pour les lecteurs téléphiles
Enfant, Simon Austen a été abandonné par sa mère, une junkie, ce qui perturbera ses relations avec les femmes. Plus tard, il se retrouve en prison pour le meurtre de sa blonde où il suivra une thérapie, apprendra à lire et à écrire et essaiera de se reconstruire une identité. Traduit pour la première fois en français sous le titre Alphabet (Kathy Page, Québec Amérique), ce livre intense sur le milieu carcéral, qui a été finaliste au Prix du Gouverneur général en 2005 pour sa version anglaise, devrait plaire aux fans d’Unité 9 et d’Orange Is the New Black. Dans le même sens, Métamorphose d’un crabe de Sylvie Dazy (Le Dilettante) plonge dans le quotidien d’un surveillant de prison qui observe les détenus et le personnel dans le but d’écrire un livre. Les adeptes de la série britannique Downton Abbey, quant à eux, seront charmés par Belgravia de Julian Fellowes (JC Lattès), puisqu’ils y retrouveront des thèmes de la série : l’amour, les classes sociales et la vie de domestique.

À lire aussi :
Un travail comme un autre de Virginia Reeves (Stock)

 

Pour les lecteurs férus d’histoire
Dans 14 juillet (Actes Sud), Éric Vuillard s’inspire de l’événement de la prise de la Bastille, date à laquelle on célèbre la fête nationale des Français. S’appuyant sur des récits personnels de ceux qui étaient là, l’auteur donne à ces gens anonymes un visage. La création de l’État d’Israël sert de toile de fond au premier roman d’Ayelet Gundar-Goshen, Une nuit, Markovitch (Les Presses de la Cité). En 1939, Zeev et Yaacov quittent leur village de Palestine pour aller en Allemagne épouser des juives, afin de les sauver. En revenant, ils doivent divorcer. Ce n’est pas un problème pour Zeev qui a déjà hâte de retrouver la femme qu’il aime, mais Yaacov ne souhaite pas se séparer de Bella. L’assassinat de Martin Luther King en 1968 trouve écho dans le roman Comme l’ombre qui s’en va (Seuil). Antonio Muñoz Molina suit le parcours de l’assassintout enremémorant sa carrière d’écrivain, la création, le réel et les personnages romanesques. Ayant comme point de départ la tentative d’assassinat de Bob Marley en 1970, le roman Brève histoire de sept meurtres de Marlon James (Albin Michel), qui dresse le portrait de la Jamaïque et des États-Unis, a remporté le Man Booker Prize en 2015.

À lire aussi :
California Girls de Simon Liberati (Grasset)
Pechblende de Jean-Yves Lacroix (Albin Michel)

 

Pour les lecteurs qui aiment découvrir autrement des légendes
Dans Derniers feux sur Sunset (L’Olivier), Stewart O’Nan dévoile un pan insoupçonné de la vie du grand Francis Scott Fitzgerald à une époque où il se battait contre ses démons. De son côté, Jean-Michel Guenassia révèle le dernier amour de Van Gogh dans La valse des arbres et du ciel (Albin Michel). L’auteur Bernard Chambaz, quant à lui, se remémore l’accident du coureur automobile Ayrton Senna, qui lui a coûté la vie le 1er mai 1994. Par le biais de cet événement tragique qui se répercute dans sa vie, il dépeint le parcours d’Ayrton, sa recherche d’absolu, son besoin de vitesse (À tombeau ouvert, Stock).

 

Pour les lecteurs qui aiment les romans de l’Amérique
Chez Belfond, le premier roman de Smith Henderson, Yaak Valley Montana, dépeint avec un regard acéré le Montana des années 80 et une Amérique violente, dérangeante, peuplée de contradictions. On y suit Pete, un assistant social, qui croise beaucoup d’écorchés. Le mythe américain est également déboulonné dans Voici venir les rêveurs d’Imbolo Mbue (Belfond). En 2007, à New York, un immigrant illégal d’origine camerounaise devient le chauffeur d’un riche banquier avec qui il se liera d’amitié. Cet emploi lui permet de rêver à mieux, de convoiter plus, voire de devenir enfin un citoyen américain. Mais rien n’est si simple.

À lire aussi :
Une comédie des erreurs de Nell Zink (Seuil)

 

Pour les éternels ados
L’écrivain Wally Lamb propose une plongée dans le passage à l’adolescence avec Felix Funicello et le miracle des nichons (Belfond). En 1964, au Connecticut, Felix, âgé de 10 ans, va à l’école catholique, grandit et s’émerveille peu à peu des filles. On se fascine pour un autre personnage intense et à fleur de peau dans D’extase et d’amour féroce de Dylan Landis (Plon). À New York, dans le Greenwich Village des années 70, une adolescente de 14 ans vit avec son père bohème alors que sa mère est partie dans un ashram. À travers le tumulte de ses émotions, cette jeune fille fragile et forte à la fois découvre son pouvoir de séduction. Dans un récit intime, Christophe Donner se remémore des souvenirs de jeunesse par le biais de ses aventures sexuelles (L’innocent, Grasset).

À lire aussi :
Maures de Sébastien Berlendis (Stock)
Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby (Actes Sud)
Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia (Albin Michel)
Les premières fois de Santiago H. Amigorena (P.O.L)
The girls d'Emma Cline (Quai voltaire)

 

Pour les lecteurs qui aiment les histoires familiales
Au printemps 1945, Vera et sa mère arrivent dans une vieille ferme perdue après avoir traversé l’Allemagne en ruines. Vera vit toujours dans cette maison soixante-dix ans plus tard quand sa nièce y débarque avec son jeune fils. Les deux femmes indépendantes et fortes apprivoiseront leur passé familial tout en devenant complices, voire une famille (À l’ombre des cerisiers de Dörte Hansen, Kero). De son côté, Luc Lang signe un roman ambitieux avec Au commencement du septième jour (Stock) : alors que sa femme lutte pour sa vie après un accident, Thomas essaie de comprendre ce qui s’est passé et découvre des secrets de famille.

À lire aussi :
Nos premiers jours de Jane Smiley (Rivages)

 

Pour les nostalgiques
Le narrateur du roman Les yeux noirs de Frédéric Boyer (POL) revisite sa vie, son enfance, pour essayer de se remémorer un souvenir oublié. Et si c’était possible de vivre dans un monde où les événements dramatiques (crimes, violence, suicides, accidents, etc.) n’existent plus? C’est ce monde utopique qu’explore Saïdeh Pakravan dans La trêve (Belfond). Marie Ndiaye raconte, par le regard de son assistant, l’histoire d’une cuisinière en passant par son enfance et l’ouverture de son restaurant (La cheffe, roman d’une cuisinière, Gallimard). L’auteure du Premier été, Anne Percin, change un peu de registreavec Sous la vague (Rouergue), un roman social décalé, dans lequel un anti-héro, l’héritier d’une propriété de cognac, risque de tout perdre à cause de l’effondrement boursier. Encore une fois, c’est la force des personnages qui rend les romans de Percin puissants.

À lire aussi :
Le bal mécanique
de Yannick Grannec (Anne Carrière)

 

Pour les lecteurs qui apprécient le pouvoir des livres et des histoires
Dans l’irrésistible Aux petits mots les grands remèdes de Michaël Uras (Préludes), Alex, un bibliothérapeute, aide les gens grâce à la littérature. Mais à travers son travail, il s’oublie. Peut-il lui aussi trouver le bonheur dans les livres? Le destin de Bruno Labastide est lui aussi tributaire des mots dans La Soledad de Natalio Grueso (Les Presses de la Cité). En effet, il rencontre une jeune Japonaise pour qui il a le coup de foudre, mais celle-ci acceptera de passer la nuit avec lui uniquement s’il réussit à l’émouvoir grâce à un poème ou une histoire.

À lire aussi :
Les vies de papier de Rabih Alameddine (Les Escales)

 

Pour les amateurs de technologie
Dans Où la lumière s’effondre de Guillaume Sire (Plon), Paul, qui règne sur la Silicon Valley, engage des gens pour détruire Internet. Est-ce possible de détruire le réseau? Un autre roman s’intéresse au pouvoir et aux dangers de la technologie : Ada d’Antoine Bello (Gallimard). Un programme informatique, qui se nomme Ada, est conçu pour écrire des romans à l’eau de rose. Mais cela ne suffit pas à Ada, qui donne son avis et rêve de décrocher un Pulitzer. Le jour où cette intelligence artificielle disparaît de sa salle, un policier est chargé de l’enquête.

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