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Littérature étrangère

Les libraires - Numéro 95
Des livres pour cartographier le monde

Des livres pour cartographier le monde

Par Les libraires, publié le 13/06/2016

Islande
Nous sommes restées à fixer l’horizon (Mona Høvring, Noir sur blanc)
Très beau premier roman d’une auteure norvégienne, qui raconte d’un souffle l’histoire d’Olivia, qui hérite d’une maison en Islande au moment où elle rencontre une femme fascinante, Bé, dont elle tombe sous le charme. Un roman venteux, aux dialogues parfaitement décousus et aux émotions habilement recousues.

Algérie
Un maillot pour l’Algérie (Galic, Kris et Rey, Dupuis)
Impeccable sur le plan historique tout autant que sur le plan esthétique, cette BD relate l’histoire vraie d’un groupe de footballeurs d’origine algérienne qui quitte la France, dans les années 50, pour intégrer le Front de libération nationale de l’Algérie. On y suit Rachid Mekhloufi et on parcourt avec lui les multiples étapes jusqu’à l’indépendance de son pays. Un véritable cours d’histoire doublé d’un touchant récit.

Yougoslavie
L’Attentat de Sarajevo (George Perec, Seuil)
Ce premier roman de Perec, jamais publié jusqu’à maintenant, est un roman d’analyse inspiré par le séjour qu’il fît à Belgrade et Sarajevo, en 1957. C’est une histoire d’amour déchirante, une histoire de crime. Une façon originale de découvrir le regard d’un Français sur les terres yougoslaves.

Nigeria
Les pêcheurs (Chigozie Obioma, De l’Olivier)
À la manière d’une tragédie grecque, ce roman débute par une prédiction lancée par un sorcier : l’aîné d’une famille de quatre frères se fera assassiner par l’un d’eux. Un roman qui met à profit une forte voix de la littérature africaine, qui ose agrémenter son récit de dialectes locaux, et qui fut sur la courte liste du Man Booker Price en plus de remporter l’Oppenheimer Award. 

Corée du Sud
Toujours plus à l’Est (Benjamin Pelletier, Éditions Philippe Picquier)
C’est par les différents récits des tribulations d’un Français qui, durant un an, séjourna en Corée du Sud, que l’on découvre ce pays. « Séoul veut changer plus vite que sa propre mémoire », y apprend-on notamment. Un portrait réaliste, qui se lit avec délice grâce à une limpidité d’écriture et de pensée.

Japon 
Heaven (Mieko Kawakami, Actes Sud)
Une histoire douce-amère, puisqu’on s’y promène entre la splendide amitié unissant deux adolescents et la violence de leurs camarades de classe qui les opprime, les intimide. Mais sous la plume de Kawakami, on sait que l’ambition dépasse le récit, qu’elle se loge ailleurs, quelque part où les concepts intellectuels sont remis en question.

Haïti
Nuit albinos (Gary Victor, Mémoire d’encrier)
Sous l’écriture fignolée de Gary Victor prend vie une Haïti où le diable aurait fait envoyer un chien albinos afin d’y décimer le genre humain. Un roman rouge et noir, fait de sang et d’obscurité, et dont les chimères et l’imaginaire ensorcellent le lecteur.

Anjouan (dans l’archipel des Comores)
Anguille sous roche (Ali Zamir, Le Tripode)
Anguille, c’est le nom de la jeune narratrice de ce roman inclassable, à la narration vive, à la ponctuation quasi absente, à l’intensité tangible. Dans une écriture qui happe comme un raz de marée, on plonge dans le quotidien d’une adolescente qui teste, comme toutes ados, ses limites.

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