Indépendants, droit devant!

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Je me souviens encore de ma première visite en librairie, une indépendante de surcroît. J'avais été ébloui par ces pans de murs de livres. Ici, les BD me narguaient. Là, la section jeunesse fourmillait de petits délices. Le temps s'était figé. Les minutes passées dans ces rayons avaient éveillé l'imaginaire du gamin que j'étais. Comment oublier cette libraire aux yeux rieurs, un brin bohème, qui m'avait tendu Le chandail de hockey? Je m'étais alors assis sur le sol, et j'avais savouré les premières pages, le temps que ma mère — les bras chargés de bouquins! — me fasse signe pour quitter. Dès lors, je multipliai les visites, sortant tantôt avec ce marquant Casse-tête chinois, tantôt avec l'un ou l'autre des «Inactifs». Puis vint l'adolescence. J'ai encore mon exemplaire de Des souris et des hommes, acheté à la librairie Livres en tête de Montmagny.

Depuis, au gré de mes fréquents déménagements, les librairies sont devenues mes points de repère. À Lévis, je fréquentais la défunte Tome un. À Québec, j’étais un infidèle, fréquentant les nombreuses librairies de la ville. Ce fut ensuite Sherbrooke, puis Montréal. Je vivais à cinq minutes de la librairie Paulines, rue Masson. Les livres et l’odeur du café m’y attiraient. Puis, je déménageai un peu plus à l’ouest, près de l’Université de Montréal. Avec les amis, je me rendais chez Olivieri: toujours le souci de la proximité, de la qualité. Encore aujourd’hui, quand je voyage, ici ou ailleurs, l’une de mes premières destinations demeure une librairie, symbole culturel suprême.

Le charme qu’opèrent les librairies sur moi n’est pas anodin. Au contraire, chaque fois, je suis envoûté par l’éclectisme du choix offert, par l’expertise de ces libraires passionnés, par leurs choix avisés, par leur dévouement. J’y trouve toujours plus que ce que je cherche. Et ce plus, c’est souvent la meilleure surprise du lot.

Des lieux de ce type, il y en a des dizaines au pays. Quatre-vingt d’entre eux, de partout au Québec et au Canada français, se sont regroupés dans l’association des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). Leur volonté: mettre en commun leurs forces pour se distinguer des grandes surfaces et des chaînes. Cette association chapeaute notamment le présent magazine, en plus de développer des sites Internet (Livresquebecois.com, Lelibraire.org) ou des outils promotionnels (catalogue de Noël, cartons et autocollants coup de cœur, sacs de tissu).

Une rue de libraires
Imaginez une rue entière bordée de librairies, certaines spécialisées, d’autres généralistes. D’un côté, le libraire vous conseillera le zénith du polar. Juste en face, un expert vous tendra son dernier coup de cœur. Partout, des vitrines de libraires, personnalisées et accrocheuses. Le paradis terrestre, non?

Eh bien, ce rêve prendra forme dans le merveilleux monde virtuel. Ensemble, les libraires du réseau des
Librairies indépendantes du Québec ouvriront leur commerce à la même adresse, Ruedeslibraires.com. Vous pourrez ensuite voyager d’une vitrine à l’autre. Fureter chez le libraire de Saint-Hyacinthe ou celui de Gaspé, découvrir des valeurs sûres au gré de leurs recommandations.

Ruedeslibraires.com deviendra un site incontournable pour la vente de livres en format papier ou numérique sur le Web. Les indépendants y partageront leur passion commune pour le livre, y conseilleront leurs meilleures lectures ou révéleront des anecdotes sur leur travail. C’est donc un important projet à suivre au cours des prochains mois!

Lire numérique
D’ici son lancement, les internautes peuvent se diriger vers Livresquebecois.com, où les libraires indépendants offrent un large éventail de livres, format papier ou numérique. Oui, les nouveaux détenteurs d’un iPad ou d’une tablette du même type trouveront une riche sélection de livres numériques québécois. D’ailleurs, la majorité des titres finalistes aux Prix des libraires s’y trouvent. Allez-y, parlez-en! Sachez que, peu importe le format, les libraires indépendants se feront un plaisir de vous guider dans vos achats.

Voter local
Acheter local, dans son quartier ou dans sa ville, tout cela signifie encore quelque chose. Cela permet d’animer nos quartiers, de cimenter nos communautés, de conserver notre argent dans notre milieu. Laure Waridel l’a maintes fois claironné: «Acheter, c’est voter.» Cette année, pourquoi ne pas voter pour votre librairie indépendante?

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