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Maryse Rouy exprime son attachement pour les libraires

Maryse Rouy exprime son attachement pour les libraires

Par Maryse Rouy, publié le 17/12/2008

On connaît la passion de Maryse Rouy pour le Moyen Âge, elle qui nous a fait connaître dans ses romans aussi bien la chevalerie et la vie courtoise que l’Inquisition. Avec Mary l’Irlandaise, qui raconte l’installation d’une jeune femme au Canada français au XIXe siècle, elle signe son premier roman situé dans un cadre nord-américain. Elle explore un pan plus contemporain de ce continent dans sa nouvelle saga, Une jeune femme en guerre, dont les deux tomes publiés chez Québec Amérique interrogent la condition féminine à l’époque de la Seconde Guerre mondiale. Écrivant pour les petits et les grands, Maryse Rouy sait voyager dans le temps, et nous emmener avec elle.

Entre libido, libouret et libration, puis libre, la langue française a libraire et librairie. Comme quoi, la langue fait parfois bien les choses. Car la librairie pour moi est d’abord un lieu de recherche du plaisir. J’y entre avec le désir ferme de me laisser séduire. J’y viens pécher, tout autant que pêcher, munie d’une ligne à plusieurs hameçons que les maquereaux redoutent et qui s’appelle un «libouret». J’y flâne, rêveuse, balançant du cœur et de l’esprit, comme en apparence souvent la lune, quand elle flotte en libration dans la nuit. Et parmi les rayons disposés, c’est bien une fête de la liberté qui a lieu, avec son abondance exagérée, ses festins de couleurs et de titres, mais aussi sa violence. Désir, pêche, rêverie, liberté, tels sont les cordes de l’énergie que me procurent les librairies. Quoique j’aie un faible pour cet air libre qui ne se respire que dans les petites librairies discrètes, d’un désordre où «je me retrouve», traversées par un parfum de vieilles pages, habitées par une sentinelle qui résiste à vous donner le livre que vous voulez lui prendre, je les aime de toutes les sortes, moyennes, grandes, énormes, de quartier et du centre, encyclopédiques ou spécia­lisées, bondées ou désertes, et, par-dessus tout, je les aime étrangères. En voyage, je ne puis vivre dans une ville que je ne connais pas sans passer de longs moments à faire les librairies. Un jour, j’aurai toutes les éditions de Rimbaud qui se sont publiées dans toutes les langues du monde.

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