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L’art difficile de titrer ses livres

L’art difficile de titrer ses livres

Publié le 12/06/2013

L’aptitude à attirer le lecteur est un art que les éditeurs doivent de plus en plus peaufiner, approfondir. Avec la pléthore de nouveautés qui déferlent en librairie toutes les semaines, comment réussir à capter l’attention du lecteur? Certains semblent avoir trouvé la solution : miser sur l’originalité – ou plutôt la cocasserie - de leurs titres! Soyons francs… ça marche puisque nous nous arrêtons justement pour vous les présenter!

Voici donc une courte sélection de certaines nouveautés qui sont actuellement chez vos libraires indépendants et qui portent des titres pour le moins... accrocheurs! (Notez que les résumés sont ceux des éditeurs.)

 

1. L’homme qui marche sur les fesses

(Abdelhak Serhane, Seuil)

Le narrateur, écrivain de son état, est accueilli dans une ville marocaine par de vieux amis, parmi lesquels se trouve le cul-de-jatte Rouida qui s’apprête à fêter son prochain mariage. Il accuse l’écrivain de faire de leurs vies misérables la matière de ses romans. Sous l’égide de ce dernier, une longue soirée de beuveries et de dialogues débute alors, où les récits scabreux et grivois se mêlent aux débats politiques ou aux réminiscences violentes et dramatiques. On est séduit par la liberté de ton, la sensualité irréligieuse qui baigne cette sorte de « Banquet » arabe dont le ton acerbe et polémique transparaît aussi bien dans l’évocation des problèmes sociaux et politiques du Maroc (terrorisme, tyrannie de la monarchie, corruption) que dans la manière dont la figure de l’écrivain (à la fois témoin engagé et « voyeur » nombriliste) est ici mise en scène et questionnée.

 

2. Singulière tristesse du gâteau au citron

Aimée Bender (De l’Olivier)

Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour célébrer ce moment de fête. S’ensuit une incroyable révélation : elle parvient précisément à ressentir l’émotion de sa mère lorsqu’elle a confectionné le gâteau. Sous les couches de génoise et de crème, Rose perçoit le désespoir. Ce bouleversement va entraîner la petite fille dans une enquête sur sa famille. Car, chez les Edelstein, tous disposent d’un pouvoir embarrassant : odorat surpuissant ou capacité de se fondre dans le décor au point de disparaître. Pour ces superhéros du quotidien, ce don est un fardeau. Chacun pense être affligé d’un mal unique, d’un pouvoir qu’il faut passer sous silence. Comment vivre lorsque les petits arrangements avec la vérité sont impossibles? Comment supporter le monde lorsqu’une simple bouchée provoque un séisme intérieur? Dans ce texte original, proche des films de Wes Anderson ou de Michel Gondry, Aimee Bender met une fois de plus l’imagination au pouvoir. Comme le singulier gâteau de Rose, les romans d’Aimee Bender sont recouverts d’un succulent glaçage, fait d’humour et de fantaisie.

 

3. Les poissons ne ferment pas les yeux

Erri de Luca (Gallimard)

« À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd’hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite. » Comme chaque été, l’enfant de la ville qu’était le narrateur descend sur l’île y passer les vacances estivales. Il retrouve cette année le monde des pêcheurs, les plaisirs marins, mais ne peut échapper à la mutation qui a débuté avec son dixième anniversaire. Une fillette fait irruption sur la plage et le pousse à remettre en question son ignorance du verbe aimer que les adultes exagèrent à l’excès selon lui. Mais il découvre aussi la cruauté et la vengeance lorsque trois garçons jaloux le passent à tabac et l’envoient à l’infirmerie le visage en sang. Conscient de ce risque, il avait volontairement offert son jeune corps aux assaillants, un mal nécessaire pour faire exploser le cocon charnel de l’adulte en puissance, et lui permettre de contempler le monde, sans jamais avoir à fermer les yeux.

 

4. La fille qui avait de la neige dans les cheveux

Ninni Schulman (Seuil)

Repliée à Hagfors, sa ville natale, après un divorce difficile, Magda travaille pour le journal local tout en élevant son fils. Peu de scoops en vue, toutefois, et l’ennui menace, jusqu’au moment où Hedda, 16 ans, disparaît, la nuit du Nouvel An. Puis le corps d’une autre adolescente est découvert à l’entrée d’une cave bloquée par la neige, dans une maison inoccupée. La police enquête sans grande efficacité de son côté tandis que Magda fouine du sien, aidée d’un photographe dépêché de la capitale. Ils mettent au jour un réseau de prostitution de jeunes Moldaves dans la petite ville sans histoire. L’adrénaline aidant, Magda prend alors des risques considérables pour coincer les coupables, mais ce qui la choque le plus est que ce sont nécessairement des proches. Comment soupçonner des gens que l’on connaît depuis toujours ?Le point de vue des adolescents occupe, avec l’opacité des secrets de province, le premier plan dans ce palpitant polar Made in Sweden, qui plaira assurément aux amateurs de Camilla Läckberg.

 

5. Tout ce que je sais en cinq minutes

Corey Frost  (Quartanier)

À cheval entre la nouvelle et le spoken word, les fictions de ce livre ont un principe commun : la fluctuation. Le monde chez Frost défile sans interruption, par la fenêtre d’un bus ou le hublot d’un avion, à la faveur d’histoires ambivalentes et d’expériences décentrées. Mais des contradictions surgissent quand les paysages idylliques sont fabriqués sur des chaînes de montage. Le Manifeste du parti communiste se change ainsi en héros hollywoodien, avant de s’égrener en slogans publicitaires. Gadgets, cartes postales, stylos, boîtes noires, guide du japonais sans peine “ le voyageur s’équipe pour suivre la trame flottante des événements, du premier vol jusqu’à la disparition de la lettre Q et, avec elle, de la ligne de métro éponyme à New York. Ce livre démantèle puis réassemble des réalités dissonantes, dans des récits aux horizons multiples. Il concilie déficit d’attention et désir de conter sans fin l’entièreté du monde, en cinq minutes.

  

6. Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis

Luis Sepulveda et Joëlle Jolivet (Métailié)

Max est l’humain de Mix et Mix est le chat de Max. Ils grandissent ensemble, ils sont amis pour de vrai. Lorsque Max part faire ses études, il emmène son chat bien-aimé. Max est souvent absent et Mix, devenu vieux et aveugle, passe de longues journées solitaires. Un jour un bruit suspect lui révèle la présence d’une souris mexicaine très sympathique, qu’il baptise Mex. La souris bavarde et trouillarde, raconte le monde à Mix, qui l’emmène en balade et lui donne un coup de main quand il faut atteindre la dernière étagère du placard. Ils sont très différents mais entre le chat rêveur et la souris gourmande et volubile naît une amitié comme sait si bien les raconter Luis Sepúlveda.

 

7. Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour

S.G. Browne (Mirobole)

Andy vit en paria depuis sa résurrection spontanée après un accident de voiture. Ce nouveau zombie n’a pour morne horizon que le cellier familial, où il cuve les grands crus de son père, et ses réunions mensuelles aux Morts-Vivants Anonymes. Mais lorsqu’un zombie solitaire l’initie aux bienfaits régénérateurs de la chair humaine, Andy décide de lutter pour ses droits civiques. Débute alors un voyage improbable qui le mènera de la morgue au rôle très médiatisé de porte-parole de la cause zombie, en passant par des séjours à la SPA reconvertie dans l’accueil de zombies fugueurs et aux plateaux d’Oprah Winfrey. Sombrement drôle, étrangement touchante et suffisamment gore, l’odyssée du premier mort-vivant contestataire de l’Histoire vous fera probablement rire. Mais auparavant, vous devrez faire connaissance avec tous les amis d’Andy. Une petite merveille d’humour et d’horreur.

 

8. 2 filles + 3 garçons - les parents = 10 choses que nous n'aurions pas dû faire

Sarah Mlynowski (Albin Michel)

April, dix-sept ans, et sa meilleure amie Vic, exultent. Elles habiteront ensemble pendant six mois sans adulte pour les surveiller. Par un habile mensonge, April a fait croireà son père obligé de déménager pour son nouveau poste, qu’elle va vivre chez Vic sous la surveillance de sa mère… laquelle se trouve en voyage. Les fillesétablissent une liste de dix choses interdites et saugrenues. Comme adopter un chat et l’appeler Donut, acheter un jacuzzi, organiser une fête avec plein de monde où tout est permis, peu importe qu’April ait déjà un petit copain. De petits mensonges en quiproquos, d’habiles dissimulations en fous rires alcoolisés, April va apprendre au gré de quelques nuits blanches et de maux de tête au réveil, le vrai prix de l’indépendance, mais sans perdre le sourire. À partir de 13 ans 

 

9. Les gens heureux lisent et boivent du café

Agnès Martin-Lugand (Michel Lafon)

Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel. L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a d’autre choix que de faire avec.

  

10. Trois hommes, deux chiens et une langouste

Iain Levison (Liana Levi)

Dans une ville minière des alentours de Pittsburgh, Doug, Mitch et Kevin multiplient les petits boulots, les trafics de cannabis et les périodes de chômage. Ils décident de commettre des vols, notamment celui d’une Ferrari. Peu expérimentés, ils se laissent gagner par l’ambition.

 

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