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12 premiers romans d’auteurs québécois

12 premiers romans d’auteurs québécois

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 01/08/2016

Encore une fois cette année, les libraires donnent rendez-vous aux lecteurs de tous genres pour la troisième année de l'événement Le 12 août, j'achète un livre québécois! Rappelons que cette initiative a été lancée par les auteurs Patrice Cazeault et Amélie Dubé via Facebook. Cet appel a eu un succès retentissant et depuis, libraires et lecteurs se préparent pour participer massivement à cette journée. Du 1er au 12 août inclusivement, nous vous proposerons chaque jour 12 titres québécois que vous pourrez voir apparaître sur notre site. N'hésitez pas à vous en inspirer et à ajouter des titres à ceux suggérés.

Pour un auteur, il n’est pas toujours aisé de se lancer dans la grande aventure de la publication. Mais pour le lecteur, quel bonheur de découvrir de nouvelles plumes, de nouvelles voix. Voici une sélection de douze romans signés par des auteurs qui en étaient à leurs tout premiers pas dans le genre romanesque!

Saufs
Fannie Loiselle

Talentueuse, Fannie Loiselle présente, en deux temps, une sœur et un frère qui ont tout pour toucher le bonheur, mais qui ne font que le contourner, s’enlisant plutôt dans des peurs anodines ou des problèmes bénins. Ces deux personnages hautement attachants, parce que tellement vrais, sont, comme le dit l’auteure, « saufs sans être sains »… Un superbe premier roman.


Je n’ai jamais embrassé Laure
Kiev Renaud

Trois narratrices se succèdent dans ce roman qui rassemble des nouvelles liées entre elles par leurs personnages. En jetant un regard sur leur passé, sur ce monde de l’enfance empreint d’imaginaire et de codes uniques, elles nous font découvrir l’amitié féminine et ses ambiguïtés, puis la maternité, le fait de vieillir. La jeune Kiev Renaud signe, d’une voix forte, ce court mais saisissant texte.

 

Rachel au hockey
Anne-Marie Vertefeuille

Pour expliquer l’erreur qu’elle a faite (dont nous n’apprenons la nature qu’à la toute fin), Rachel part du début. C’est-à-dire sa naissance, puis toute sa vie, qui a, malgré elle,toujours tourné autour du hockey. Ses parents, ses frères, son chum : tout le monde est fan du sport national. Sauf elle… Un roman savoureux - parce que non, on n’y parle pas que de hockey! - pour toutes celles qui patientent pendant que leur chum regarde le séries!

 

Le parfum de Janis
Corrine Larochelle

Ce beau roman des origines rapatrie les fragments de jeunesse d’une femme à mi-parcours qui repasse ses souvenirs pour en extraire une sorte de bilan qui arrive à éviter tout sentimentalisme exacerbé. La narratrice s’envole pour Lisbonne, loin de ses ornières, où elle s’emploiera à défaire les couches encombrantes que le temps a déposées sur elle. Elle tentera de démêler le vrai du faux, de départager ce qui lui appartient de ce qui lui a été attribué à tort. Ce pas de côté lui permettra de reprendre, augmentée d’une certaine sérénité, son itinéraire et de tracer ses propres empreintes. (Isabelle Beaulieu, Les libraires)

 

Les Sanguines
Elsa Pépin

Dans cette chronique d’une mort annoncée, anticipée, qui oblige forcément à maints retours dans le passé des Becker, le ton est posé, jamais larmoyant, toujours juste, le propos aussi maîtrisé que le style. En pleine possession de ses moyens, la romancière a également l’audace d’entrelacer son récit des extraits choisis d’une fascinante Histoire du sang rédigée par un malade convaincu qu’il est condamné à disparaître dans la solitude. Roman ambitieux, certes. Mais les œuvres mémorables naissent rarement de la fausse humilité, ainsi que le prouve ici Elsa Pépin qui a manifestement, et fort heureusement, de l’assurance à revendre et un talent à la hauteur de son ambition. (Stanley Péan, Les libraires)

 

Une mouche en novembre
Louis Gagné

Premier livre de Louis Gagné, que j’ai connu comme libraire il y a plusieurs années, Une mouche en novembre se déroule à Ludovica, bourgade imaginaire des plus singulières située en bordure d’un grand fleuve, baignant dans la grisaille automnale et une ambiance onirique. [...] On déambule dans ces rues, dans ces quartiers ainsi qu’on l’a fait dans les pages des œuvres appartenant au grand courant du réalisme magique, tel que pratiqué par plusieurs générations de romanciers latino-américains. Dans un style d’une élégance et d’une rigueur rares, Louis Gagné nous livre ici une histoire envoûtante, chargée de symboles, comme il raconterait un rêve insolite. Imaginez un croisement entre les romans de Jacques Poulin et ceux de Mario Vargas Llosa et vous aurez une idée, bien vague, d’Une mouche en novembre. Une réussite! (Stanley Péan, Les libraires)

 

Les filles bleues de l’été
Mikella Nicol

Les filles bleues de l’été, c’est deux filles qui n’en peuvent plus de leur vie, de cette ville où personne ne les comprend, où le poids de la tristesse pèse de plus en plus lourd. Ainsi, elles retournent, le temps de leur reconstruction, le temps de reprendre leur souffle, dans ce chalet où, petites, elles ont passé tant d’étés. C’est à ce moment qu’on débarque dans leur vie, qu’on pénètre dans leur amitié. Parce que si Clara et Chloé se sentent étrangères face aux autres – « À jamais, nous aurons été les étrangères. Celles dont on n’a pas su lire le regard » -, elles sont néanmoins en totale fusion l’une avec l’autre.

 

Le nid de pierres
Tristan Malavoy

Le nid de pierres, c’est l’histoire de Thomas, un scénariste de série télévisée qui décide de se réinstaller, avec un amour d’enfance, à Saint-Denis-de-Brompton, leur village natal. C’est ainsi que s’ouvre ce roman envoûtant empreint d’une aura mystérieuse qui ne se dissipe pas. En filigrane, des retours en arrière de Thomas, alors enfant en 1985, et une légende abénaquise qui évoque un contraste entre mysticisme et réalisme. Avec ce premier roman, Malavoy installe son récit dans le passé et dans le présent, en jouant d’une intrigue forte sur la disparition de plusieurs villageois. Une fois qu’il entame sa lecture, le lecteur se trouve lui-même étouffé par ce ventre de bœuf qui hante Thomas. Guidé par une écriture somptueuse et organique, ce récit est celui du passé qui revient tous nous hanter, parfois à jamais. (Victor Caron-Veilleux, librairie Livres en tête)

 

Direction Saint-Creux-des-Meuh-Meuh
Sandra Dussault

Johan, 15 ans, vit seul avec son père depuis le décès de sa mère. Emmuré dans sa peine et son alcoolisme, son père se fait dénoncer à la DPJ. C’est à ce moment qu’une grande aventure commence pour Johan, qui sera accueilli dans une famille bien spéciale. En plus d’habiter sur une ferme, les quatre enfants recueillis, comme lui, sont sous la supervision d’un gentil géant qui rappelle l’Hagrid de J.K. Rowling et d’une naine qui cuisine admirablement. La rumeur dit qu’ils se seraient rencontrés dans un cirque en Ukraine… Voilà un récit qui plaira aux lecteurs avides d’aventures, laissant place à un monde riche en découvertes et en revirements rocambolesques! Bienvenue chez « l’étonnante et farfelue “famille” Boswell »! 

 

Barbe
Julie Demers

Avec une narration qui ne comporte aucune majuscule, la jeune Julie Demers bouscule elle aussi les conventions avec Barbe (Héliotrope), où une jeune femme à l’étonnante pilosité refuse de s’abaisser au statut de monstre que lui donnent les gens de son village. Un étonnant premier roman, riche de réflexions, qui nous fait réaliser que la nature ne départit pas si clairement les hommes des bêtes. (Cynthia Brisson, Les libraires)

 

Grand-père et la Lune
Stéphanie Lapointe

Ce roman graphique, qui comprend 96 pages illustrées avec tout le talent et la douceur des collages de Rogé, est signé par Stéphanie Lapointe, gagnante de Star Académie. Dans cette œuvre métaphorique, on suit une jeune fille qui gagne au Concours-de-qui-ira-sur-la-lune. De la navette qui la rapproche des étoiles et de la lune, elle pense à son grand-père, tout en bas, sur Terre, et réfléchit à ce qu’elle veut réellement. Touchant, ce récit, qui peut assurément être lu aux enfants, trouvera écho auprès des grands : après tout, on a tous un jour ou l’autre eu à prendre une grande décision, qui, si elle a certes ébranlé notre cœur, n’a peut-être pas fait l’unanimité autour de nous.

 

Frères 
David Clerson

Soyons francs : Frères est un roman qui dérange, en raison de sa force, de son propos. Il a un petit quelque chose de Dogville, mais aussi du Grand cahier et d’Oss. C’est que l’auteur, un Sherbrookois d’origine œuvrant actuellement dans le milieu de l’édition, a un don particulier pour amalgamer réalités et chimères. Et il le prouve habilement avec l’histoire de ces deux frères, dont le cadet serait né du bras de l’aîné, volontairement coupé par leur mère puisque, à ses dires, le monde est trop mauvais pour être affronté seul. Trois parties, trois aventures, une quête : comprendre l’origine de la douleur d’être. Un premier roman tout aussi astucieux que téméraire.

 

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