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Le 23 avril, une journée à souligner

Le 23 avril, une journée à souligner

Par Benoît Vanbeselaere, publié le 10/04/2018

Le 23 avril n’est pas une date anodine dans le calendrier pourtant bien rempli de l’adepte de la littérature. Cette date est celle de la mort d’auteurs éminents, fiers représentants de leurs pays respectifs : Inca Garcilaso de la Vega, William Shakespeare… Nonobstant les Nabokov, Vallejo, Labrie, Wordsworth et autres Druon qui sont eux aussi liés à cette date, on comprend aisément pourquoi la Conférence générale de l’UNESCO a sélectionné le 23 avril pour incarner la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

L’influence de ces monstres littéraires sur la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur est aussi amusante que peu surprenante. En se replongeant dans les méandres de l’Histoire, au cœur de l’expansion et de l’avènement du théâtre élisabéthain, au temps du crépuscule du célèbre Siglo de Oro (le Siècle d’Or, période où l’Espagne était artistiquement très prolifique, et d’une opulence invraisemblable), on se retrouve dans une époque certes prolixe mais où le droit d’auteur… n’existait pas!

La défense de la paternité de l’œuvre
Nombreuses sont les théories et les rumeurs sur la paternité des œuvres du grand dramaturge britannique William Shakespeare – problématique qui aurait été résolue aisément avec cette belle notion de droit d’auteur. Si le débat n’est toujours pas tranché, il appartient, pour le moment, à ces grands mystères sur l’Art, au même titre que l’identité de la Mona Lisa ou la vérité sur la mort de Mozart. Qu’il soit français, anglais ou italien, imposteur ou génie, le natif de Stratford-sur-Avon est avant tout une entité à part dans le paysage littéraire et chacun sait associer son nom à des titres prestigieux tels Hamlet ou Roméo et Juliette.

Cervantès, de son côté, rivalise de fécondité sur son homologue britannique – même si résumer cet auteur à un seul roman est une erreur trop courante – mais son Don Quichotte, pépite littéraire en deux épisodes vertigineux, justifie à lui seul une Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Car Cervantès est malicieux; il joue avec la posture de l’auteur, avec le plagiat, avec le pacte fictionnel, se dédoublant, se cachant, devenant tour à tour personnage puis narrateur avant de disparaître et de revenir subitement au moment où on l’attend le moins.

Surtout, Cervantès n’aime ni le vol ni le plagiat. Lorsque Avellaneda, enorgueilli par le succès du tome 1 – et supposé unique – de Don Quichotte se prend à lui offrir une suite, Cervantès réplique froidement en proposant un second tome où les lecteurs de ce tome apocryphe, devenus personnages, sont honnis de tous, où l’aventure originelle est sanctifiée avant de s’assurer que nulle continuation ne soit possible. Sans inventer le droit d’auteur, par un sursaut de créativité et un génie sans borne, Cervantès revendique la paternité absolue et exclusive d’une fiction et de personnages.

Une fête pour chaque acteur du livre
Faisons à présent un bond de plus de quatre siècles dans le temps, traversons un océan pour revenir en notre Belle Province qui s’extirpe finalement de la rigueur de l’hiver pour profiter des charmes printaniers. Pour cette 23e Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, tous les acteurs de la chaîne du livre se mettent en branle, avec le désir de célébrer cette date symbolique comme il se doit. Bibliothèques, maisons d’édition, librairies, collèges, bars, etc., une pluralité de lieux sera investie pour devenir le théâtre de conférences, de jeux, d’activités en tout genre à l’occasion de cette belle fête internationale.

Porte-parole de ce cru 2018, Patrick Drolet, comédien, dramaturge et auteur, qui nous a chuchoté les titres des trois livres qui l’ont marqué dans le numéro 106 de la revue, fait l’apologie des livres et de leurs auteurs, en insistant sur l’importance « d’abriter […] des écrivaines, des écrivains, des femmes de lettres, des hommes de lettres ».

Dans notre monde où l’information, la culture, la lecture sont accessibles en quelques clics, il est aisé de perdre fil avec la réalité du processus de création et d’écriture, fruit de de longues semaines de travail. Mais, en revanche, il est également important de mesurer les possibilités de création qui découlent du numérique. À travers des activités telles la Ligue d’improvisation littéraire qui se produira à la Maison des écrivains ou « Je est plusieurs », mais aussi des immersions dans le monde l’édition, cette journée s’annonce riche et devrait offrir aux livres et aux auteurs la fête qu’ils méritent.

Plus d’information et toutes les activités se retrouvent sur le site Internet de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

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