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[DÉFI DE L'ÉTÉ] n°1 : Lire une œuvre québécoise

[DÉFI DE L'ÉTÉ] n°1 : Lire une œuvre québécoise

Par Benoît Vanbeselaere, publié le 21/06/2018

Il est temps de faire pause. Que ce soit de Netflix, de la vie professionnelle, des activités chronophages. L’été est bientôt là, la chaleur va rapidement être omniprésente, et les cocktails sur la terrasse avec des amis vont devenir obligatoires. Mais l’été, c’est aussi l’occasion de faire une pause aux multiples tâches qui sollicitent simultanément votre cerveau, et d’appuyer sur lecture. Petit ou grand lecteur, vos libraires préférés vont ont préparé un défi estival gourmand.

21 défis vous attendent, 21 occasions de partir en voyage, au sens propre comme au sens figuré. Chacun s’accompagne de suggestions de lecture imaginées par vos libraires.

 [Les résumés sont ceux des éditeurs]

La femme qui fuit
Anaïs Barbeau-Lavalette – Marchand de feuilles

Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours. Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

Le plongeur
Stéphane Larue - Le Quartanier

Œuvre de nuit qui brille des ors illusoires du jeu, Le plongeur raconte un monde où chacun dépend des autres pour le meilleur et pour le pire. Roman d’apprentissage et roman noir, poème sur l’addiction et chronique saisissante d’une cuisine vue de l’intérieur, Le plongeurest un magnifique coup d’envoi, à l’hyperréalisme documentaire, aussi héritier du Joueur de Dostoïevski, de L’homme au bras d’or de Nelson Algren et du premier récit d’Orwell, celui d’un plongeur dans le Paris des années vingt.

Le poids de la neige
Christian Guay-Poliquin – La Peuplade 

Dans une véranda cousue de courants d’air, en retrait d’un village sans électricité, s’organise la vie de Matthias et d’un homme accidenté qui lui a été confié juste avant l’hiver. Telle a été l’entente : le vieil homme assurera la rémission du plus jeune en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps.

Ru 
Kim Thúy – Libre Expression 

Ru est composé de très courts récits liés un peu comme dans une ritournelle : la première phrase du chapitre reprend le plus souvent l’idée qui terminait le chapitre précédent, permettant ainsi de faire le pont entre tous les événements que la narratrice a connus : sa naissance au Vietnam pendant la guerre, la fuite avec les boat people, son accueil dans une petite ville du Québec, ses études, ses liens familiaux, son enfant autiste, etc. La vie de l’auteure est bourrée de gens charmants, singuliers, de situations difficiles ou saugrenues vécues avec un bonheur égal, et elle sait jouer à merveille avec les sentiments du lecteur, oscillant entre le tragique et le comique, entre le prosaïque et le spirituel. Écrit sur un ton féminin, maternel, chaleureux, poignant et très original, qui dépasse la tranche de vie traditionnelle, Ru dénote un grand talent dans l’art de raconter, où le souvenir devient prétexte tantôt au jeu, tantôt au recueillement. Un récit d’une adorable et candide survivante, un récit qui contient toute la grandeur de la vie.

Taqawan
Éric Plamondon – Le Quartanier

Taqawan est une histoire de pêche et d’affrontements. Une histoire de crimes et d’accointances, d’injustice et de droits bafoués. Taqawan est une histoire de rencontres et de recommencements, de survie et de résistance.

Hôtel Lonely Hearts
Heather O’Neill – Alto 

Dans un orphelinat de Montréal, toutes les filles s’appellent Marie et tous les garçons, Joseph. Mais parmi la grisaille des enfants abandonnés brillent deux étoiles : Rose et Pierrot. Elle a été surnommée ainsi à cause de la couleur de ses joues quand on l’a trouvée abandonnée dans la neige et lui, en raison de sa pâleur – et parce qu’il a toujours aux lèvres un sourire un peu niais.

La déesse des mouches à feu
Geneviève Petterson – Le Quartanier

La déesse des mouches à feu, c’est Catherine, quatorze ans, l’adolescence allée chez le diable. C’est l’année noire de toutes les premières fois. C’est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. Le flânage au terminus et les batailles de skateux contre pouilleux en arrière du centre d’achats. L’hiver au campe dans le fin fond du bois, les plombs aux couteaux, le PCP vert et les baises floues au milieu des sacs de couchage. C’est aussi les parents à bout de souffle et les amants qui se font la guerre. Un jeep qui s’écrase dans un chêne centenaire, les eaux du déluge qui emportent la moitié d’une ville et des oiseaux perdus qu’on essaie de tuer en criant.

Royal
Jean-Philippe Baril Guérard – Éditions de Ta mère 

La faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité. Tu le sais : t’en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu’ici c’est free-for-all et on s’élève pas au-dessus de la mêlée en étant gentil. Être gentil, c’est être herbivore, c’est se vautrer dans la médiocrité, et toi tu comprends pas la médiocrité, tu aimes pas la médiocrité, tu chies sur la médiocrité. Toi, t’es venu ici pour être le roi de la montagne, et le début des cours, c’est le début du carnage. Avec ce deuxième roman empreint d’un flamboyant cynisme, Jean-Philippe Baril Guérard trace un portrait sombre de l'obsession de la performance en mettant en scène le monde des étudiants en droit. À travers eux, il décortique de manière toujours plus incisive l’absurde sentiment de supériorité naturelle des classes dominantes.

De bois debout
Jean-François Caron – La Peuplade

Le coup est parti. Alexandre a vu mourir son père, abattu par erreur. Alors il a couru, fonçant à travers les branches, affolé, vers la première maison, chez celui qu’on appelle Tison. La chasse à l’aube, les sandwichs de pain blanc, les bûches qu’il faut corder droit, en un instant tout s’est évanoui dans la paix de la forêt. Alexandre quitte Paris-du-Bois, marche dans la solitude, il a perdu les gens qu’il aime. Des voix – des chœurs, des airs volatiles – se joignent à la sienne durant ses lectures. Engoncé dans le silence de ce père sans passé, il se tourne vers l’unique refuge possible : les livres. Le père, lui, il n’aimait pas les livres.

Amqui
Éric Forbes – Héliotrope 

À l’arrêt d’autobus devant la prison de Bordeaux, un homme attend sous la pluie. Étienne Chénier : libraire dans la mi-trentaine, né à Amqui, friand d’arts martiaux. Condamné pour meurtre il y a quatre ans, il vient d’être relâché, bien avant la fin de sa peine, à la suite de tractations douteuses. Il attend, certes, le bus, mais surtout le moment propice pour exécuter un plan de vengeance longuement mijoté. Dépêché à l’hôpital pour interroger un chauffeur de taxi libidineux qui s’est fait passer à tabac, voici Denis Leblanc : enquêteur au SPVM, bedonnant, alcoolique, dépressif. Rapidement, il porte ses soupçons sur Chénier, autour de qui les cadavres s’empilent. Avec sa partenaire Sophie, il se lance à ses trousses. Comment un simple libraire a-t-il pu se transformer en tueur sanguinaire ? Et que cachent les innombrables pans d’ombre de son histoire familiale ? Leblanc joue un jeu dangereux dans cette enquête, mais au diable les procédures ! Depuis la mort de son fils, il n’a vraiment plus rien à perdre. Dans ce roman féroce et sans états d’âme, tout vient à point à qui sait se servir d’un Glock.

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