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Pourquoi subventionner le milieu du livre au Québec?

Pourquoi subventionner le milieu du livre au Québec?

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 29/11/2011

Depuis les coupures du gouvernement Harper dans la culture, plusieurs sont montés aux barricades pour défendre l’importance de l’aide financière offerte à ce milieu, faisant valoir que la culture est bien plus que du simple divertissement. Elle est également le vecteur d’une interprétation du monde, un catalyseur pour le développement de la pensée critique.

Au Québec, le total des ventes de livres représente 791 millions $. Ce n’est pas peu dire : ce montant dépasse celui des ventes réalisées par l’industrie du cinéma, et même ceux de l’industrie de la musique! Bien que ce chiffre soit fort encourageant quant à l’avenir de l’industrie littéraire, l’apport des subventionnaires reste essentiel pour bon nombre des différents acteurs de la chaîne du livre.

Soutenir l’industrie du livre : voilà l’objectif commun des principaux subventionnaires. Concrètement, le Conseil des arts du Canada (CAC) soutient la littérature canadienne et la création littéraire, en tenant compte de la qualité artistique, de l’excellence littéraire et de la contribution à la littérature, alors que la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) aide les entreprises à se développer et à assurer leur pérennité, notamment sur le plan de la production et de la diffusion. « On souhaite aider la circulation à travers la chaîne. Si on aide un libraire, on aide à la promotion pour les auteurs et on contribue donc au bien-être des éditeurs, etc. », explique Louis Dubé, chargé de projet au secteur Livres et éditions de la SODEC. Le Conseil des arts et des lettres du Québec, qui soutient principalement la création chez nos auteurs, ainsi que Patrimoine Canada, qui assure l’accès, au Canada comme ailleurs, à une grande diversité de livres d’auteurs de chez nous grâce au Fonds du livre du Canada, comptent parmi les autres subventionnaires importants.

Un mécénat moderne
« L’histoire de la littérature prouve que l’existence de cette dernière a toujours été en rapport avec un soutien venu d’ailleurs : des mécènes, de l’État, des êtres passionnés », explique monsieur Mohtashami-Maali, chef du service des lettres et de l’édition du CAC. Pour ce subventionnaire, l’objectif est d’assurer que les éditeurs continuent à prendre des risques avec des titres qui ne seront pas nécessairement des best-sellers, pour ainsi soutenir la littérature dans la durée et dans la diversité. Louis Dubé corrobore ces propos : « On vient appuyer la création des auteurs et des artistes dans des domaines qui ne sont pas nécessairement les plus rentables, ni les plus reconnus à leur juste titre par les financiers conventionnels. » Par ailleurs, la SODEC et le CAC ne s’immiscent ni dans le contenu ni dans la façon de faire des projets subventionnés, afin de respecter la liberté d’expression.

Une idéologie porteuse d’avenir
Le CAC soutient que la littérature est la matière première de la lecture et que celle-ci constitue la base des sociétés modernes et libres, en plus de forger des citoyens culturels contribuant à l’avancement de leur culture. Dans ce sens, il est primordial pour le Conseil d’investir dans le milieu du livre : « Nous pensons que la littérature est ce qui permet à un grand nombre de gens de développer des liens intimes avec leur culture, leur environnement, de s’engager dans la société et de devenir un citoyen culturel. »

Le monde du livre serait-il viable au Québec sans subventions? Peut-être. Mais la bibliodiversité en souffrirait, moins de gens prendraient des risques pourtant nécessaires. Le savoir, la culture et notre identité subsistent entre autres grâce aux écrits, et par chance, certains l’ont bien compris.

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