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Les libraires - Numéro 106
Petit tour du monde en littérature

Petit tour du monde en littérature

Par Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 10/04/2018

HAÏTI
Douces déroutes
Yanick Lahens, Sabine Wespieser, 232 p., 32,95$
L’auteure haïtienne Yanick Lahens revient en force avec un roman nimbé de la voix brisée et belle de Brune, chanteuse dont le père, juge de son état, a été assassiné parce qu’il a refusé d’user de duperie. À travers l’enquête menée pour retrouver les coupables, des personnages nous seront dévoilés avec pudeur, des êtres disjoints qui tentent pourtant jusqu’au bout de porter leurs rêves bien haut. [IB]

 

PAKISTAN
Le sang et le pardon
Nadeem Aslam (trad. Claude et Jean Demanuelli), Seuil, 366 p., 35,95$
Ce roman en est un violent, par son propos. Mais c’est aussi un très grand roman d’amour, doublé d’une écriture poétique à l’orientale, et il ne faudrait pas s’arrêter uniquement à cette histoire de corruption au sein du pays et du calvaire des chrétiens qui y vivent, mais voir au-delà, voir la beauté de la résilience des Pakistanais devant l’islamisme. L’auteur anglo-pakistanais utilise différents points de vue pour relater cette histoire, qui débute par une fusillade qui bousculera bien des vies… 

 

INDE
Le colis
Anosh Irani (trad. Mélanie Basnel), Philippe Rey, 334 p., 39,95$
Madhu est une hijra : née à la fois femme et homme, puis privée de ses attributs sexuels, elle a été rejetée par sa famille, est devenue prostituée, puis mendiante. Trop âgée pour vendre ses charmes, elle se voit confier une mission : formater un colis. Et, ce colis, ce n’est pas une boîte de carton, mais une Népalaise, vendue par sa famille comme esclave sexuelle. Madhu aura donc la dure responsabilité de « briser » psychologiquement cette fillette dont l’avenir s’annonce peu réjouissant, la replongeant du coup dans ses propres souffrances. Une plongée dans le milieu, méconnu, des hijras en Inde, un récit dur mais tellement puissant.  

 

ITALIE
Les cocottes du vilain sapin
Jean-David Pelletier, L’Homme, 232 p., 24,95$
L’auteur de ce roman autobiographique, c’est le gars qui a mis sur pied l’arbre de Noël ultra médiatisé qui s’est valu le sobriquet de « sapin laid de Montréal ». Avec quatre cocottes provenant dudit sapin en main, Johnny-D s’aventure sur les chemins de Compostelle, avec l’idée de planter d’autres vilains sapins sur sa route. En parcourant les 1000 kilomètres à ses côtés, on apprend moult détails sur la confection de ce Vilain Sapin, on découvre un formidable périple à pied et on partage avec lui une belle introspection.

 

IRLANDE
Dans la baie fauve
Sara Baume (trad. France Camus-Pichon), Noir sur Blanc, 304 p., 31,95$
Dans une ville côtière irlandaise, un quinquagénaire abîmé par la vie croise sur sa route un chien dont il ne reste qu’un œil, partageant avec lui son profond besoin de se trouver un compagnon. Une fois réuni, ce duo bancal prend place au cœur de ce premier roman, finaliste à plusieurs prix. Entre les descriptions des paysages de l’Irlande et le monologue de l’homme, qui mène une vie somme toute banale, rien ne semble se tramer. Mais ce serait mal connaître le talent de Sara Baume.

 

URUGUAY
Créatures du hasard
Lula Carballo, Le Cheval d’août, 80 p., 14,9$
C’est à une biographie romancée, dans une écriture hautement réaliste, que nous convie Lula Carballo, le tout accompagné de ses photographies. Elle nous plonge dans un quartier populaire de l’Uruguay, en 1990, sous le regard d’une fillette de 9 ans qui observe méticuleusement sa famille. Surtout les femmes et leur façon de jouer avec le hasard. Au passage, on découvre les racines de son intérêt pour Sophie Calle, René Lapierre, Mario Benedetti et Cristina Peri Rossi.

 

JAPON
La légende des Akakuchiba
Kazuki Sakuraba (trad. Jean-Louis de La Couronne), Piranha, 416 p., 37,95$
Les Akakuchiba, c’est une dynastie d’industriels de l’acier, basée dans un village japonais en bord de mer. Une dynastie mythique, qu’on découvre à travers le destin de trois femmes de la lignée alors que le savoir-faire ancestral des forgerons a laissé place à une grande usine qui, bien qu’elle pollue grassement la ville, n’en fait pas moins la fierté de ses citoyens. Une plongée dans une saga familiale où la tradition côtoie la modernité, avec un soupçon de réalisme magique.

 

CONGO
Un océan, deux mers, trois continents
Wilfried N’Sondé, Mémoire d’encrier, 244 p., 24,95$
Nsaku Ne Vunda est un héros méconnu : le premier ambassadeur noir au Vatican. Afin de rejoindre Rome, il réalise que le voyage se fera sur un bateau négrier, et qu’il fait un détour vers le Nouveau Monde. De plein fouet, il reçoit l’enfer de l’esclavage, de quoi bousculer ses convictions en Dieu. Mais parce que dans ce plaidoyer pour la liberté, une grande luminosité persiste et éclaire le lecteur, le narrateur de ce roman a été qualifié de Candide venu du Congo. De quoi vouloir le découvrir. 

 
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