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Québec, éternelle «jeunesse»

Québec, éternelle «jeunesse»

Par Olivia Wu, Les libraires, publié le 16/04/2008

Si Rome est la Ville Éternelle, Québec, elle, jouit d’une éternelle jeunesse.Pour souligner dignement son 400e anniversaire, trois maisons d’édition ont fait rimer jeunesse avec richesse historique et imagination. Bayard entraîne les enfants dans les lieux emblématiques de Québec avec Louki la locomotive, Planète rebelle offre une véritable cure de jouvence à Samuel de Champlain,et Dominique et compagnie se sont mis en quatre pour faire cadeau d’un documentaire où se trouve un conte inédit. Alors, êtes-vous prêts à faire les 400 coups?

Découvre Québec avec Louki est un livre-jeu, où l’enfant se lance dans l’exploration de la ville fortifiée avec un œil neuf et fantaisiste (Bayard Jeunesse, coll. Pomme d’api, 24 p., 12,95$). «Lorsque nous avons créé ce livre pour les 4-9 ans, Paule Brière, l’instigatrice du projet et moi-même, souhaitions un ouvrage ludique qui vieillisse bien», souligne Caroline Merola, illustratrice et codirectrice de la collection Raton laveur chez Bayard Canada Jeunesse.

L’album suit donc le rythme de Louki et celui des saisons. Le printemps et l’été, on bondit des ponts aux plaines d’Abraham en faisant une pause aux remparts lors de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. On reprend le périple à Place-Royale pour ensuite voler (oui, voler!) au-dessus de la Citadelle. On reprend la clé des champs l’automne pour se diriger vers l’île d’Orléans avant de faire un grand détour sur les traversiers et admirer le château Frontenac. Puis les premiers flocons drapent les jolies petites rues, telle celle du Petit-Champlain, et une bataille de boules de neige fait rage au Parlement, où Bonhomme Carnaval a pris ses quartiers. Enfin, un dernier petit tour aux chutes Montmorency et on s’en va.

«Je me suis inspirée de textes historiques, de photos et d’archives pour dessiner, par exemple, les costumes d’époque. J’ai glissé des anachronismes pour interpeller les petits, comme un dragon, un flamant rose ou un renard. En fait, il y a des dizaines de mini histoires sur chaque page, où la date de fondation de la ville, 1608, se trouve. Les enfants peuvent s’en donner à cœur joie», précise l’illustratrice.

Après avoir travaillé sur sa planche à dessins pendant deux mois, Caroline Merola est partie avec sa famille en expédition à Québec. «Illustrer a été une expérience agréable, mais c’était comme regarder une vitrine de pâtisseries sans entrer dans la boutique. À la longue, c’est un peu frustrant, mais cette virée a tout de même été délicieuse!», conclut-elle joyeusement.

C’est maintenant au tour de l’ami Samuel de Champlain, explorateur de son vivant et baptisé «Père de la Nouvelle-France» depuis sa mort en 1635, d’entrer en scène. Pour les jeunes de 8 ans, Planète rebelle a dépoussiéré l’image terne d’un des moustachus les plus connus de l’histoire québécoise dans Les Aventures de Samuel de Champlain (coll. Conter fleurette, 64 p., 21,95$). Ses aventures prennent vie sous le pinceau coloré de François Girard et la plume inspirée de Francine Legaré. L’auteure a d’ailleurs publié, pour les plus grands, Samuel de Champlain. Père de la Nouvelle-France (XYZ éditeur, 172 p., 16$), dans la collection Les Grandes Figures.

Si Obélix est tombé dans la marmite du druide quand il était petit, Samuel, dont le père et l’oncle étaient tous deux capitaines, est né avec le pied marin. Cette prédisposition va le mener très loin. Il fera la guerre au service du roi Henri IV, partira en expédition et élira comme terre d’accueil Québec, qui signifie en algonquin «passage étroit». Il vivra et combattra avec les Amérindiens et sera même père de trois petites Montagnaises.

Ce qui ressort de sa vie palpitante, c’est l’histoire d’un homme qui aimait profondément un coin du monde. Le livre offre de plus un disque sur lequel se trouvent les compositions entraînantes de Gaëtane Breton, qui livre une version musicale de la vie de Samuel de Champlain.

Le documentaire Québec, l’histoire d’une ville, de Sylvie Roberge s’ouvre, quant à lui, avec un conte de Michel Noël, «Le Petit Grain de sable», illustré par Claude Thivierge (Dominique et compagnie, coll. Curieux de savoir, 32 p. 18,95$). Jadis, il n’y avait que de l’eau et les Innus vivaient sur un radeau avec les animaux. Mais, chaque année, il y avait plus de monde et moins de place. Les querelles éclataient entre les espèces. Pour résoudre le problème, Wapush le lièvre a réclamé un petit grain de sable afin de créer une terre, où hommes et animaux vivraient en harmonie. Entre passé et présent, ce documentaire est truffé d’informations inédites et propose des liens Internet pour approfondir la recherche. Même les incollables de l’histoire de Québec vont apprendre du nouveau!

«Il faut que jeunesse se passe», dit le proverbe: Québec en a pourtant gardé tous les charmes et continue de la boire jusqu’à l’ivresse.

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