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Littérature étrangère

Les libraires - Numéro 105
Les grands noms de la rentrée d’hiver

Les grands noms de la rentrée d’hiver

Par Alexandra Mignault et Josée-Anne Paradis, Les libraires, publié le 05/02/2018

Pierre Lemaitre
Couleurs de l’incendie, Albin Michel, 400 p., 34,95$
Suite du roman Au revoir là-haut pour lequel l’auteur a reçu le prix Goncourt en 2013, Couleurs de l’incendie s’ouvre alors qu’on est en 1927. L’important banquier Marcel Péricourt est tout juste mort. Madeleine se retrouve en haut de l’empire, ce qui ne plaît pas à plusieurs. Son fils Paul fera basculer le cours des choses. Avec le sens de l’intrigue qu’on lui connaît, Pierre Lemaitre reste fidèle à sa réputation.

 

Olivier Bourdeaut
Pactum salis, Finitude, 256 p., 34,95$
Il nous avait réjouis et émus avec En attendant Bojangles. Il revient cette fois dans une histoire d’amitié entre deux trentenaires que tout oppose, dans un lieu bien spécial : les marais salants. Il y a Jean, qui a délaissé la vie urbaine pour la quiétude des bassins où il récolte maintenant le sel, sans pression; et il y a Michel, un agent immobilier pour qui richesse et succès sont le leitmotiv. Une soirée arrosée, une promesse absurde, un lien étrange les liant : ensemble, ils passeront une semaine folle, dans les décors enchanteurs de la presqu’île guérandaise où ils se rencontrent.

 

Delphine de Vigan
Les loyautés, JC Lattès, 208 p., 25,95$
Celle qui nous a ravis avec Rien ne s’oppose à la nuit et D’après une histoire vraie revient avec un roman puissant qui entremêle le destin de quatre personnages et qui explore les liens qui unissent les êtres, voire parfois les enchaînent. Mathis entraîne son ami Théo dans des jeux dangereux. La professeure de Théo s’inquiète pour lui, le croyant maltraité, tandis que la mère de Mathis peine à garder l’équilibre de sa famille.

 

Frédéric Beigbeder
Une vie sans fin, Grasset, 360 p., 32,95$
Le narrateur fait à sa fille une promesse inconsidérée : « […] certes, les gens, les animaux et les arbres mourraient pendant des millénaires, mais à partir de nous, c’est terminé. » Pas question, donc, de disparaître, pas question d’accepter de mourir sans rien faire. Dans cette œuvre fascinante, le narrateur enquête à la recherche de l’immortalité, rencontre des chercheurs et des généticiens qui travaillent sur la longévité humaine. Le tout, en passant par la Suisse et Jérusalem, la France et l’Autriche, et en passant, bien entendu, par quelques inconséquences bien humaines qui font toujours le sel des écrits de Beigbeder.

 

Ivan Jablonka
En camping-car, Seuil, 192 p., 25,95$
Ivan Jablonka, éditeur etprofesseur d’histoire contemporaine, a signé en 2016 le roman-documentaire hautement récompensé Laëtitia ou la fin des hommes. Il revient cette fois avec un récit autant autobiographique que sociologique qui retrace ses étés de jeunesse, qu’il passait à bord d’un camping-car familial qui sillonnait les routes de l’Europe. Il a replongé dans la liberté et la richesse des années 80 grâce à d’anciens carnets de notes ainsi que des entretiens menés avec son père. En ressort une réflexion sur l’identité, qui dépasse le simple récit de voyage.

 

Elena Ferrante
L’amie prodigieuse (t. 4) : L’enfant perdue, Gallimard, 560 p., 39,95$C’est peu de dire que cette conclusion de « L’amie prodigieuse » est attendue.Racontant soixante ans de la vie de deux femmes de Naples, cette saga au succès retentissant, qui laisse un souvenir impérissable à tous ceux qui s’y attardent, nous séduit grâce à la richesse et à l’effervescence de l’univers et de la plume de l’auteure, d’ailleurs auréolée de mystère par son anonymat.

 

Paul Auster
4321, Actes Sud/Leméac, 1020 p., 39,95$
Après sept ans d’absence, le grand Paul Auster offre tout un pavé, toute une œuvre à la structure ambitieuse, tissant un portrait dense et saisissant de l’Amérique des années 50. En dépeignant les quatre destins possibles d’un seul personnage, Ferguson, né en 1947, issu d’une famille d’immigrants débarquée à Ellis Island, l’écrivain américain entrecroise avec éloquence la petite et la grande histoire.

 

 

Philippe Delerm
Et vous avez eu beau temps? La perfidie ordinaire des petites phrases, Seuil, 158 p., 24,95$
Seul Philippe Delerm s’amuse à raconter le banal quotidien avec autant de verve. Dans ce recueil de courts textes, il réfléchit à l’hypocrisie de certaines phrases qu’on entend souvent, telles que « On peut peut-être se tutoyer? », « Il n’a pas fait son deuil » et « Pour être tout à fait honnête avec toi ». Sous leur apparente banalité, ces phrases en disent long sur nous et sur notre monde. Un livre qui fait sourire et qui plaira assurément aux amoureux de la langue.

 
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