Chroniques

Littérature jeunesse

Le libraire - Numéro 88
Petites perles du printemps

Petites perles du printemps

Par Nathalie Ferraris, publié le 13/04/2015

Après le rude hiver que nous venons de traverser, il fait bon profiter enfin d’un peu de chaleur. Alors que Fonfon et La Bagnole proposent deux histoires aussi apaisantes que les rayons du soleil, Comme des géants invite petits et grands à sortir, à s’émerveiller des beautés de la nature et à chercher toutes sortes de petits trésors.

Combat épique
« Moi, savez-vous quoi? Je m’appelle Charlot, j’ai six ans et toutes mes dents! Moi, Charlot, savez-vous quoi? Je m’en vais à la guerre. Une guerre pas ordinaire. Il a fallu tout un régiment de médecins et d’infirmières pour rassurer mon père et ma mère. Ça les vire tout à l’envers, cette histoire de cancer et de médecine nucléaire. »

Un à zéro pour Charlot traite du thème délicat de la maladie chez les enfants. Le lecteur accompagne pas à pas Charlot dans sa lutte contre un cancer qui s’attaque à son tibia. Loin d’être abattu, triste ou inquiet, Charlot affronte courageusement les troupes qui s’en prennent à son commando de globules blancs chargés de protéger son os. Sa perte de cheveux devient un avantage à l’heure du bain, les tests de résonnance magnétique se transforment en voyages à bord d’un astronef tubulaire, la chimiothérapie prend des allures d’absorption de potion magique « bien plus efficace qu’une arme atomique » et l’opération à son mollet lui permet d’avoir une jambe de robot qui l’aidera à continuer à compter des points au soccer. « Après des mois de lutte acharnée, l’ennemi a finalement capitulé. Par chance, et malgré quelques bobos, moi, Charlot, j’ai gagné un à zéro. »

Sur un ton léger et avec beaucoup d’humour et de belles rimes, Jannick Lachapelle livre un récit allégorique qui saura assurément réconforter les enfants qui séjournent à l’hôpital et ceux qui se battent pour conserver la santé. Se tenant loin du vocabulaire médical, l’auteure a choisi un lexique lié à la guerre. En recourant à des mots comme armure, garnison, canon à radiations et ligne de front, Charlot devient un véritable héros. Pour appuyer le texte dynamique de l’auteure, l’éditrice Véronique Fontaine a confié la réalisation des illustrations à PisHier, de son vrai nom Pierre Girard, dont le style coloré désamorce la gravité du sujet. Le bleu, le rouge, le violet, le rose, le vert et le blanc apportent de la vie dans cet album qui aurait pu être très noir. Qui plus est, le sympathique Charlot a toujours le sourire aux lèvres. Un véritable baume pour les petits et les familles qui vivent avec la maladie et le fichu cancer.

Voyage intergalactique
« Moi, mon chat, il est en voyage. Il a sa valise de chat avec son vieux lapin tout recousu dedans, son lit et ses deux bols, un pour l’eau, l’autre pour les croquettes. » Voici comment débute l’album Moi, mon chat… Si, dans l’album présenté précédemment, Charlot réussit à vaincre son cancer, le chat Miaou n’a pas la même chance dans sa maladie. Il voyage maintenant dans le ciel, entre les constellations, et comme il l’écrit à sa belle Doudou, « Je vais très bien, ma patte ne fait plus mal du tout. Alors je cours beaucoup et je suis très heureux. »

C’est tout en tendresse que Christiane Duchesne aborde dans ce livre le thème de la mort d’un animal de compagnie. Et parce que les êtres qui nous sont chers demeurent toujours présents dans notre cœur, l’auteure a choisi d’écrire son texte… au présent. Ainsi, le chat Miaou aime l’hiver, il a peur de l’eau, il apprécie les grenouilles, il ronronne la nuit et le jour, il est bien élevé, il est gentil avec les gens, il aime les biscuits et le pain, le fromage et les tomates. Et, bien entendu, il veille sur sa Doudou qui le garde bien vivant dans sa mémoire. Les illustrations exécutées par Pierre Pratt amènent de la douceur à cet album. Les couleurs texturées et dégradées confèrent à l’ensemble une chaleur consolatrice pour tous ceux qui ont perdu un être cher.

Promenades printanières
Le printemps est arrivé et pour profiter de cette saison qui appelle la renaissance, rien de mieux que d’offrir aux enfants Le grand livre des petits trésors, un album à mi-chemin entre l’imagier, le documentaire et le jeu de piste et d’observation.

Le petit Tatsuo adore collectionner toutes sortes d’objets. Sa mamie lui offre donc un sac rouge et l’amène dans six lieux différents où il pourra trouver des petits trésors. Ainsi, au bord de la rivière, Tatsuo déniche un morceau de faïence, un galet bien lisse et de la mousse de roseau. En ville, il ramasse un clou à tête carrée, un verre de lunettes de soleil, un médiator de guitare et une bille de verre. Dans la forêt, il recueille une plume de perdrix, une samare double et un gland de chêne. À la campagne, il découvre une médaille de collier pour chien, une fleur de bardane et une mue de grillon. Au parc, il tombe sur une papillote de bonbon, une pièce de monnaie, une tête de figurine, une petite bague d’enfant et une clé de cadenas. À la plage, il repère une coquille de moule, une algue verte et une petite bouteille contenant un message.

Les lieux qui nous entourent comptent de nombreuses traces laissées par la nature et par l’homme. C’est ce que Nadine Robert, l’auteure de ce livre, a voulu montrer aux enfants. L’album de grand format joliment illustré par l’artiste française Aki, de son vrai nom Delphine Mach, compte des jeux d’association et des informations sur les trésors de Tatsuo. À vous maintenant d’enfiler vos chaussures et de partir avec vos enfants à la recherche d’objets précieux…

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