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La littérature pour adolescents : Une histoire sans fin

La littérature pour adolescents : Une histoire sans fin

Par Antoine Tanguay, pour l’équipe du libraire, publié le 01/03/2003
Il faudrait avoir choisi une réclusion totale sur un atoll inconnu du Pacifique, au cours des deux dernières années, pour ne pas avoir remarqué l’abondance qui caractérise le rayon jeunesse des librairies, et plus particulièrement celui réservé à la tranche des 11-16 ans.
Qui donc est responsable de cet embonpoint éditorial ? Faut-il blâmer le coup de baguette surprise d’un certain petit magicien binoclard ? Certes, l’engouement mondial pour les aventures de Harry Potter a enfiévré des millions de lecteurs… et nombre d’éditeurs ont multiplié les efforts pour profiter eux aussi de la vague (ou vaudrait-il mieux dire du raz-de-marée ?). Mais n’y avait-il pas déjà des auteurs qui, avant la consécration de J.K. Rowling, plaisaient déjà à ce public de lecteurs ? Et ceux et celles qui écrivent pour eux ne souffrent-ils pas de l’omniprésence du phénomène Potter ? Choisissez votre camp : celui des profiteurs ou celui des victimes d’une mode qui ne semble pas vouloir perdre de sa vitalité.

Plus de jeunes lisent, certes, mais que lisent-ils ? Vont-il continuer au-delà de l’adolescence ? Compte tenu du rôle crucial de la lecture à cet âge, les éducateurs ne peuvent que se réjouir de la bonne santé de la littérature pour « ados ». Mais c’est pourtant vers eux qu’on a lancé des propos lapidaires, taxant leurs interventions de « passéistes », sous prétexte de voir sévir dans les écoles un encadrement fort discutable des œuvres dites « acceptables ». Et puis au fond, peut-on justifier un tel enfermement du lectorat ? Après tout, beaucoup de jeunes lecteurs se lancent déjà dans des romans dits « adultes »…

Face à toutes ces épineuses interrogations, Stanley Péan et moi-même sommes partis à la recherche de réponses sur les tablettes, avons sondé des éditeurs d’ici et obtenu la collaboration des libraires partenaires, qui ont bien voulu nous suggérer quelques incontournables pour les ados. Notre enquête a entre autres révélé qu’il est faux de croire qu’il n’existe pas de romans pour ados au Québec et, qu’au contraire, ils demeurent très présents, ancrés au cœur des préoccupations quotidiennes des 11-16 ans. Certes, la production étrangère prend une majeure partie de l’espace en librairie, appuyée en ce sens par une série d’onéreuses campagnes publicitaires. En outre, les médias québécois portent une attention et exagérée sur le créneau merveilleux auquel les aventures de Harry Potter ont donné un nouveau souffle. Et malgré les inévitables sorties de pâles copies de l’œuvre de J.K. Rowling ou de Philip Pullman, tout juste bonnes à prendre le chemin des oubliettes, il faut avouer qu’on n’a jamais autant été gâtés. Enfin, il semblait juste de donner la parole aux éditeurs d’ici, histoire de voir si cette vague a porté ombrage à leur production, pourtant fort riche. En espérant que vous apprécierez cette histoire (sans fin) de la littérature pour ados, nous vous invitons à réfléchir vous aussi à l’importance de l’acte de lecture à cet âge crucial. Il en va, après tout, de l’avenir du livre et des librairies.

Bonne lecture !
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