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L’effet Ponti

L’effet Ponti

Par Dominique Caron, publié le 01/03/2002
Avez-vous déjà lu un album, regardé attentivement les illustrations ou raconté une histoire de Claude Ponti à un enfant ? Non ? Alors préparez-vous. Tenez-vous bien et tenez bien l’enfant, car vous ne porterez plus à terre. Vous aurez le souffle coupé, n’en croirez ni vos yeux ni vos oreilles et vous vous pincerez (plusieurs fois) pour être sûrs que vous ne rêvez pas. Préparez-vous à un long voyage… car vous n’en reviendrez pas.
L’univers du français Claude Ponti est une grande et merveilleuse porte ouverte vers un imaginaire fantaisiste, poétique, onirique, émouvant et unique. Depuis son premier album réalisé pour sa fille (L’Album d’Adèle, Gallimard, 1985), Claude Ponti n’a cessé d’enchanter en créant plus de trente livres dont plusieurs sont devenus des classiques : Pétronille et ses 120 petits, Blaise et la tempétueuse bouchée, L’Arbre sans fin, Parci et Parla ou L’Écoute-aux-portes.

Claude Ponti s’est imposé comme l’un des plus grands auteurs-illustrateurs pour la jeunesse. Un nouveau Ponti, c’est donc tout un événement, et Georges Lebanc, un album grand format au dos toilé rouge procure, simplement à le tenir, la sensation solennelle qu’il va se passer quelque chose.

Georges est un banc issu d’une grande famille de sièges : trône, tabouret, siège éjectable et, en moins glorieux, siège dans un « petit coin retiré ». Il habite depuis longtemps le square Albert-Duronquarré, un endroit magique. En effet, les gens qui s’y promènent « deviennent la peluche ou la poupée qu’ils préféraient quand ils étaient petits. » Imaginez tous les personnages pittoresques qu’il rencontre ! Ponti donc raconte une journée de la vie de Georges, ponctuée de visiteurs insolites à des heures bien précises. Ainsi, 04 h 25 marquent le début de cette journée avec le chant de « soixante-dix oiseaux exactement ». Viennent à 05 h 17 les Rats Kmaninotts, qui ramassent avec leur trompe les notes de musique laissées par lesdits oiseaux. Et à 10 h10, les sept sœurs Toupareil et leurs poupées de chiffon discutent, assises sur Georges, des petites choses de leur vie. Et que serait un banc sans amoureux ? Georges est le banc d’Ysaline Troisamours et de Navik Sivoutch qui possédaient, enfants et sans le savoir, le même gros nounours : Zoreille rose. Cela donne un étonnant dessin : deux beaux oursons roses s’embrassant sur le banc à 13 h 07 !

Il y a aussi d’autres heures : celles du goûter ; du grand frisson ; de la récréation et de la récupération des incroyables Sans Archivistes ; de la baignade du Grand Minouit ; des K’sar bolog’ et de celle qui « bouge », qui arrive n’importe quand et accueille les personnages des autres albums de l’auteur. Fameux !
L’histoire de Georges Lebanc est remplie de jeux de mots astucieux, de noms originaux et de plusieurs histoires dans l’histoire ; les superbes illustrations regorgent de multiples détails qui aiguisent l’attention et les rêves. Claude Ponti n’aime pas les histoires qui se lisent en cinq minutes. « Les enfants ont le temps de comprendre. Pourquoi devraient-ils lire un livre en trois minutes cinquante secondes, et avoir tout compris une fois pour toutes ? Un livre, on peut le lire, le relire, grandir avec lui et y retrouver des choses différentes. »

Georges Lebanc procure des heures et des heures de surprises, d’éclats de rire, de découvertes, de bonheur et de ravissement. Devant un tel album, on voudrait inventer un mot pour dire combien on est heureux… Merci Claude Ponti !


Bibliographie :
Georges Lebanc, Claude Ponti, L’École des loisirs
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