Faire l’amour

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Un homme et une femme débarquent à Tokyo pour faire l’amour ; c’est-à-dire pour faire l’amour une dernière fois. Parce que la vie à deux leur est devenue simplement impossible, parce qu’ils ne se supportent plus, parce que ce sont des choses qui arrivent et que l’amour que l’on achève est lourd. Récit sans fard d’une rupture au milieu de la pesanteur grisâtre des rues de Tokyo, bercé d’une immense lassitude, dans l’ivresse du désamour et du décalage horaire, Faire l’amour détaille dans un style incisif et méticuleux l’éprouvante disparition de l’attachement amoureux. À la délicate ironie des œuvres précédentes (La Salle de bain, La Télévision) a succédé chez Toussaint une sorte de mélancolie détachée qui lui va tout aussi bien. En prime : quelques descriptions sensibles du Tokyo by night délestées de l’exotisme habituel (familier du Japon, l’auteur y vend d’ailleurs depuis quelques années plus de livres qu’en France).

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