Chet

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Après avoir signé de monumentales biographies de plusieurs figures essentielles du jazz, Gerber a eu la bonne idée d’opter pour le roman au moment de brosser le portrait d’Armstrong dans Louie. Cette approche avait l’avantage de contourner la seule faiblesse des précédents ouvrages, à savoir le recours à du matériel connu issu de sources facilement identifiables, auxquelles ces livres n’ajoutaient pas grand-chose. Plutôt que l’authenticité historique, Chet privilégie la véracité romanesque, qui convient mieux au personnage de cet autodidacte au talent hors du commun et à la gueule de James Dean. Au lieu d’un récit chronologique, Gerber a composé une mosaïque de témoignages véridiques et de monologues fictifs d’amis, de rivaux, de femmes, de maîtresses et de personnages imaginaires. Ces voix convergent ou divergent mais, surtout, s’additionnent en une sorte d’oratorio polyphonique jazz qui révèle, sans jamais l’épuiser, l’énigme du trompettiste et crooner. Cool!

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