Des poètes et des prix

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On ne récompense jamais assez le poète, ce lucide observateur, ce clairvoyant messager qui aborde la nature des choses par ses profondeurs. « Un poète est un monde enfermé dans un homme », disait Victor Hugo.

Le Festival international de la poésie de Trois-Rivières veille à féliciter les œuvres poétiques québécoises et moins d’un mois avant le début de sa 29e édition, il nous annonce les noms des honorés 2013.

Le Prix Félix-Antoine-Savard revient à la poète Catherine Harton pour sa suite Une idée de la lumière parue dans la revue Exit. Le jury ne lésine pas sur les mots et dit avoir « apprécié au plus haut point » les mots d’Harton qui s’emploient à raconter le parcours et le monde du peintre Francis Bacon : « Tu nous entraînes au profond squelette de l’océan ».

Le Prix Félix-Leclerc est donné à un jeune poète de 35 ans et moins pour une deuxième ou première publication. Cette année le choix s’est arrêté sur Hommes et chiens confondus de Rose Eliceiry. Le jury parle d’ « un texte mature et puissant ». Paroles d’une quête personnelle, « ce n’est pas moi qui marche/ ce sont les rues qui dévalent les pentes/ à contresens » l’auteure nous entraîne dans son périple.

Le Prix Piché de poésie de l’Université du Québec à Trois-Rivières remis a un poète n’ayant pas encore publié a été octroyé à Catherine Rochette pour Il était mille fois. « Loin à l’intérieur de moi (tout craque j’ai froid) mes hivers comme des mains de monstre se resserrent autour d’un monde trop vaste silence terrifiant au bout des doigts je me vois sans âme et sans miroir. » Ce texte aborde l’effondrement du monde sauvé par la nature et le jury conquis le qualifie de « véritable métaphore du monde actuel ».

Le Prix Gatien-Lapointe / Jaime-Sabines a été accordé au poète mexicain Francisco Hernandez. Le jury parle « d’un lyrisme d’une grande créativité ». Hernandez trouve identité à travers son travail de poète : « J’écris pour me voir dans ce que j’écris… ».

Le Prix international de poésie Antonio Viccaro est remis à Maram Al-Masri, une poète syrienne qui selon les mots mêmes du jury est « l’une des grandes voix de la poésie arabe contemporaine ». Elle dit : « Ma bouche/est chanson d’Ishtar/et contes de Shéhérazade/ma bouche/est le gémissement silencieux d’une plainte/ma bouche/est une fontaine coulant de plaisir/le cantique/du cœur/et de la chair ».

Le Prix national de poésie en immersion française a été octroyé à Vanessa Pogue, du Maple Ridge Secondary School en Colombie- Britannique.

Enfin, le Grand Prix Québecor du Festival International de la Poésie d’une valeur de 15 000$ va à Marcel Labine pour son recueil Le tombeau où nous courons. Les jurés le décrivent ainsi : « Des vers longs, audacieux, tracent avec autant de retenue que de justesse le périmètre de la douleur, de la honte et de l’inquiétude pour l’humanité. » Et le poète résume le désir profond désir de chaque être : « Chacun porte/ses signes/et espère/des doigts/des bouches/qui l’appellent/par son nom ». Monsieur Labine avait également reçu pour ce recueil le Prix du Festival de la poésie de Montréal 2013 qui lui a été remis au printemps dernier.

En même temps que les noms des gagnants, le Festival international de la poésie de Trois-Rivières qui se tiendra cette année du 4 au 13 octobre dévoilait aussi sa programmation 2013. Tous les détails sur le site du FIPTR.

Sur la photo : Catherine Harton

ibeaulieu@lelibraire.org

 

 

 

 

 

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