Miles Davis et le blues du Blanc

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Miles, encore et toujours Miles, râleront les râleurs. Peut-être le sujet n’est-il pas épuisé… En tous cas, tel est l’avis du prolifique romancier jazzophile Alain Gerber, qui a entrepris de revisiter les œuvres essentielles du jazz via une série de portraits biographiques et de romans. Cet ouvrage se veut cependant moins une biographie de Miles (il en existe déjà tellement !) qu’une méditation sur le controversé virage du Sombre Mage. On se rappellera, en effet, que Davis a tourné le dos à ces chansonnettes empruntées à Broadway qui avaient pourtant fait sa gloire, pour s’aventurer sur les terrains minés du free funk électrique et flirter en fin de carrière avec la pop contemporaine. Remarquablement servi par la jubilatoire érudition et la plume toujours musicale de Gerber, ce bref essai récapitule un demi-siècle d’histoire de la musique en suivant l’itinéraire exceptionnel d’une figure incontournable. Et invite à réécouter cette musique qui, aux dires de Miles, parle d’elle-même…

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