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Bedons ronds

Bedons ronds

Par Nathalie Ferraris, publié le 05/07/2010
Quand j’étais petite, il y avait dans ma classe du primaire une fillette qui s’appelait Sandra. Contrairement aux autres jeunes filles, Sandra était grassouillette. À cause de sa différence, elle se retrouvait souvent seule, comme une extraterrestre parmi les Terriens. Un jour, Sandra a invité la classe entière à célébrer son anniversaire, chez elle. Chouette! Nous allions recevoir un sac à surprises, boire des boissons pétillantes et manger du gâteau! C’est exactement ce qui arriva. Mais en plus, nous qui connaissions peu la fêtée, découvrîmes une famille charmante et une Sandra sympathique et pleine d’humour. La grassouillette que nous côtoyions tous les jours avait perdu ses kilos en trop et était devenue une Terrienne. Comme nous!
Partout, on l’entend, partout, tout le temps: le taux d’obésité chez les enfants ne cesse d’augmenter, entraînant avec lui des maladies comme le diabète. À qui la faute? Aux gras trans présents dans la nourriture transformée, à la malbouffe, à la publicité qui fait saliver, aux machines distributrices et aux cafétérias qui offrent des aliments pauvres, à la télévision, aux jeux vidéos, à Internet, au manque d’exercice, et j’en passe. Quoi qu’il en soit, vivre avec une surcharge pondérale isole malheureusement les enfants, comme en témoignent ces livres.

Bedons ronds et intimidation
Publiée chez Boomerang, la série «Au coeur des différences» présente des personnages attachants vivant avec une différence comme le bégaiement, l’autisme, la paralysie cérébrale et le syndrome de Gilles de la Tourette. Paru récemment, Le bedon tout rond aborde le thème qui nous préoccupe. Un matin, Mylène refuse de sortir de son lit: elle a peur d’aller à l’école. C’est que la veille, dans la cour, des grands garçons l’ont entourée, poussée et puis lui ont dit des méchancetés: «Tu es tellement grosse, tu n’as pas peur d’éclater?» Ils lui ont même donné des coups dans le ventre en lui disant: «À demain, gros bedon rond!» Faisant rire d’elle à cause de son poids, Mylène est frustrée. Elle aime manger, tout comme son cousin qui reste pourtant mince, lui…

Très touchant, cet album est aussi réconfortant puisque les garçons qui se sont moqués de la jeune fille sont, devant tous les élèves de l’école, dénoncés et punis. Qui plus est, l’histoire propose des solutions intelligentes au problème de Mylène: bien se nourrir et bouger. C’est mieux que d’arrêter de manger!

Bedons ronds et visualisation
Paru à la fin de l’année dernière, l’album Marlène Baleine devait trouver sa place dans cette chronique. Car si Le bedon tout rond propose comme solutions une saine alimentation et l’activité physique, Marlène Baleine en propose une autre fort originale: la visualisation. Marlène est ronde et lourde. Dès qu’elle plonge dans l’eau, elle crée une vague énorme et les filles de sa classe crient: «Mar-lène-estune- balei-ne!» Inutile de dire que Marlène déteste plonger et nager. Son professeur de natation, très rond lui aussi, lui livre un secret: «Nous sommes ce que nous pensons être. Pour bien nager, il suffit de penser léger.» Pas bête! Marlène se met aussitôt à pratiquer la visualisation. Pour sauter haut à la gym, elle pense «kangourou». Ça fonctionne! Pour ne pas sentir la piqûre du vaccin, elle pense «statue». Elle n’a pas mal! De retour à la piscine, pour plonger sans faire de vagues, Marlène pense «fusée». Elle entre dans l’eau sans éclaboussure. Et vlan pour les filles de sa classe! Redonner confiance à un enfant dont l’estime de soi bat de l’aile est un cadeau inestimable. Marlène Baleine restera peut-être ronde toute sa vie parce qu’on ne parle pas de nutrition dans cet album. Mais la confiance en soi que la jeune fille acquiert lui permet de jouir de la vie, même si elle est différente des autres.

Bedons ronds et admiration
Grâce à son estime de soi, Marlène Baleine réussit à attirer l’attention d’un garçon (je ne l’ai pas dit plus haut: il faut garder un peu de suspense). Comme quoi il n’y a pas que le corps dans la vie! La personnalité, les qualités et les talents possèdent aussi leur charme. L’album Rosalie la ronde exploite précisément ce sujet. Dans la classe de Rémi, il y a une fille qui s’appelle Rosalie. Dans la cour d’école, tout le monde lui lance des noms: «éléphant», «patapouf», «gros jambon». Personne ne veut être près de Rosalie, ni derrière ni à côté. Personne ne veut prendre Rosalie dans son équipe lors des compétitions athlétiques. Mais Rémi, lui, il la trouve rondement jolie, Rosalie! En plus, c’est elle qui chante le mieux, c’est la meilleure en arts plastiques et c’est elle qui le protège quand il passe devant le chien de sa voisine. Quatrième titre paru cette année dans la série «Mon meilleur ami», Rosalie la ronde favorise, tout comme Marlène Baleine, l’estime de soi. En montrant la différence, ces albums mettent en valeur la force intérieure et les talents des personnages.

Bedons ronds et motivation
Je n’ai jamais été très attirée par les sports. De nature rêveuse, je préfère contempler des livres, regarder des films et inventer des recettes. Pourtant, à la veille de la quarantaine, je me rends compte de l’importance de l’activité physique et de son impact positif sur le corps et l’esprit. Je pratique donc, de temps en temps, le badminton et le golf ainsi que le yoga. Pour les rêveurs comme moi, le yoga est tout indiqué. Si votre enfant n’aime pas bouger, procurez-vous Yoganimo et initiez-le à cette activité qui se fait en douceur. Magnifiquement illustré, cet album présente trente-huit postures, dont celles du lion, du poisson et de l’arbre, ainsi que la salutation au soleil. Si certaines postures favorisent la digestion ou l’attention, d’autres aident à conserver une bonne flexibilité et à développer la force physique.

Qui sait, si votre enfant possède un bedon, il le perdra peut-être en pratiquant la posture du bateau…


Bibliographie :
Le bedon tout rond, Brigitte Marleau, Boomerang Jeunesse, 24 p. | 7,95$ Marlène baleine, Davide Cali (texte) et Sonja Bougaeva (ill.), Sarbacane, 28 p. | 26,50$ Rosalie la ronde, Katia Canciani (texte) et Christine Battuz (ill.), Le raton laveur, 24 p. | 9,95$ Yoganimo. Le yoga des enfants, Sophie Martel et Marie-Hélène Tapin (texte) et Isabelle Charbonneau (ill.), Enfants Québec, 32 p. | 14,95$
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