Ma vie rouge Kubrick

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Ces corridors : longs, interminables, labyrinthiques. Si j’ai à énoncer une seule image qui me poursuit depuis mon premier visionnement du film The Shining, c’est sans contredit ces corridors. C’est lorsque le jeune Danny y circule en tricycle qu’on voit apparaître les jumelles, d’abord belles et stoïques, mortes et ensanglantées par la suite. À chaque tournant, une crainte. Comme si, à chacun de ces virages, la folie allait s’emparer de l’hôtel Overlook. Dans Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy, livre protéiforme où l’auteur relate tant sa fascination pour le chef-d’oeuvre de Kubrick que sa dramatique histoire de famille, c’est au tournant de chaque chapitre que la folie s’empare du récit. Un livre hybride, unique, nécessaire, où le dialogue entre la fiction et le réel ne cesse de déranger.

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