La ligne bleue

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Les allers-retours entre passé et présent nous aident à absorber la dureté de ce roman si bien écrit, dont la lecture fait frissonner. Bien malgré elle, Julia peut voir le futur : meurtres, arrestations, tortures dans cette Argentine des années 1970 avec Perón au pouvoir, de même que la chute de ce dernier, l’espoir de la jeunesse qui veut croire en la droiture de son président. Mais elle voit aussi la déception, la violence indescriptible d’un pays qui saute, le chaos dans la grande ville de Buenos Aires. Son amour pour Théo, grand, décevant, a pour toile de fond toute cette agitation nationale. La vie l’oblige à lutter contre les mémoires trop douloureuses, à tout réinventer pour vivre encore. On y ressent le courage dont Ingrid Betancourt a dû se parer pour survivre à son propre cauchemar.

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