Nés sous une mauvaise étoile

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Il y a maintenant quelques années que Lemony Snicket (de son vrai nom, Daniel Handler) a entrepris de raconter les déboires de Violette, Klaus et Prunille, les orphelins Baudelaire, dans une série dont le succès n’est pas loin d’égaler celui des Harry Potter dans le monde anglophone. Cette saga, dont seul le premier tome est pour le moment disponible en français, renoue avec une tradition des livres où des enfants sont plongés dans des péripéties lugubres avec peu d’espoir d’en émerger : on pense à la Comtesse de Ségur, mais surtout à Charles Dickens. Qu’on se le dise, puisque le narrateur ne cesse de le répéter, l’histoire ne finira pas bien… même si le méchant oncle qui a hérité de la garde de nos héros ne parvient pas à ses fins inavouables. L’auteur semble prendre plaisir à faire des misères à ses personnages, qui ne courbent pourtant jamais l’échine. C’est raconté avec finesse, intelligence, un humour noir et grinçant, et un clin d’œil constant au lecteur.

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