Singes

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Il y a bien quelques singes fripons dans l’œuvre d’Élisabeth Barillé, mais il faut comprendre le titre à la manière des Indiens, soit comme des « pensées » qui ne vont e part et méritent d’être chassées, à l’instar des puces qu’on secoue en Occident. Énième roman initiatique traitant du pays de Brahma, Singes se différencie agréablement de ses semblables, car les personnages principaux ne s’y rendent pas pour être touchés par la grâce. Motivés par une promesse faite à une amie décédée ou par un mari dont la trace s’est perdue dans le nord du pays, ils croiseront évidemment moult illuminés et charlatans. Pourtant, au final et pour le mieux, l’objectif de leur voyage se perdra dans les eaux du Gange. Bellement écrit, Singes se révèle une lecture amoureuse de l’Inde, celle d’hier (légendaire) et celle d’aujourd’hui (occidentalisée) : crasseuse et splendide.

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