Montedidio

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Montedidio, tout comme Trois Chevaux, qui donnait son titre au précédent roman de De Luca, est un quartier de Naples. L’auteur italien nous y plonge de l’intérieur, avec une série de tableaux touchants illustrant la vie quotidienne du narrateur, adolescent du début des années 1960, dans cette Italie « si longue au milieu de la mer, si belle que c’est un péché qu’elle s’arrête ». Le récit prend la forme du journal de ce jeune qui y consigne les événements de la journée, en italien pour se reposer du vacarme du napolitain, dit-il. Il travaille dans un atelier d’ébénisterie qui abrite un cordonnier bossu et juif ayant fui les horreurs de l’Europe centrale. Montedidio constitue un roman de passage, celui de l’enfance à l’âge adulte et du néant à l’existence parce que, soudainement, sans transition aucune, ce jeune garçon compte et existe aux yeux de quelqu’un d’autre, la belle Maria, qui habite le même immeuble. C’est beau de simplicité, de candeur sobre. La fraîcheur court au fil de ces chapitres succincts. Un récit fort, comme la force vive qui jaillit chez ces jeunes dont nous partageons les travaux et les jours.

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