Dans le train

1

Sur le quai de la gare Saint-Lazare à Paris, un homme aperçoit une femme qui peine avec un sac trop lourd pour elle. La foudre opère : une envie immédiate de la soulager, de la suivre, de prendre un ticket pour une destination inconnue et sans importance. Premières phrases de cette opération amoureuse ? « Un jour, sur un quai, un homme de taille moyenne tenait à la main un sac très lourd. Cet homme, c’était moi, mais ce n’était pas mon sac. C’était celui d’une femme. Je ne la connaissais pas. » Un style fait d’hésitations et d’atermoiements, un mélange de Beckett et de je-ne-sais-quoi. À travers un délicieux soliloque qui entraîne le lecteur dans les méandres du désir et de ses tâtonnements, Oster semble prêter vie au même narrateur que dans ses précédents romans (Mon grand appartement, Une femme de ménage, etc.), où l’on trouve sans doute beaucoup de lui-même et un peu de chacun d’entre nous.

Publicité