La Mer de la tranquillité

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Trudel nous offre un recueil de neuf nouvelles d’une densité peu commune. Il ne fait pas dans la dentelle, avec ses personnages dont le point de ralliement est une immense solitude, un refus du monde tel qu’il est — et Trudel nous le dépeint comme étant très dur, ce monde, ce en quoi il rappelle Cioran. Les personnages vivent en marge, non dans une dérive qu’amène le hasard, comme c’est souvent le cas chez Paul Auster par exemple, mais plutôt par choix. Un recueil à l’écriture d’un grand raffinement, sans complaisance, avec cette dernière nouvelle intitulée «Vaisseau négrier», qui donne l’impression d’avoir été écrite d’un seul jet, comme un long plan-séquence. Éblouissant.

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