Brèves de saison

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Aux dires du préfacier Serge Tomé, « pas de haïku sincère sans cette liberté intérieure qui permet de poser sur les choses un regard détendu, à la fois distant et attentif, et de noter sereinement tous ces petits instants qui constituent une vie ». Il n’y a rien ici à redire, tant la formule résume admirablement la démarche de François-Bernard Tremblay. Poète de l’instantané et du détail finement souligné, au regard précis et à l’ironie sobre, Tremblay moule aisément sa plume et son imaginaire dans cet écrin d’inspiration nipponne. Si tous ses poèmes ne sont pas d’un intérêt égal — ceux où Tremblay « triche » un tantinet avec la forme du haïku sont nettement moins intéressants —, les meilleurs d’entre eux sont suffisamment nombreux et réussis pour l’emporter haut la main sur les plus faibles. Un premier recueil inégal, certes, mais que l’on recommande chaleureusement comme le présage d’autres bonheurs de lecture à venir.

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