Rapide-Blanc

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Après La Fugue, un des Bédélys du millésime 2005, le jeune Pascal Blanchet fait déjà figure de bon candidat pour le prix 2006, décerné en avril prochain, avec ce nouvel album. Rapide-blanc raconte une histoire qui peut ressembler à celle de plusieurs villages, nés dans la foulée d’une exploitation unique, donc fragile. Issu du développement hydroélectrique, ce village isolé de la Haute-Mauricie a connu ses heures de gloire avant de tomber dans l’oubli, victime d’une rationalisation comptable. Le bédéiste nous rend avec beaucoup de force toute cette atmosphère d’euphorie, puis de dépit, dans des images élégantes, inspirées, notamment, par l’art nouveau et l’imagerie publicitaire du milieu du siècle précédent. C’est une pure splendeur, un grand bonheur de lecture, avec un récit plus souvent suggéré qu’appuyé. Et La Pastèque nous offre encore une fois un bien bel objet, dont la présentation et la qualité du papier nous séduisent.

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