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Juive (La)

À la suite d’un infarctus, un vieil homme, cloué dans son lit d’hôpital, se confesse à un prêtre. Les souvenirs, doux-amers, resurgissent : son adolescence en France pendant la Deuxième Guerre mondiale ; sa fuite en Tunisie avec sa famille ; la douleur du déracinement puis le ravissement d’être simplement là, dans Sousse encore épargnée par les conflits. Puis Georges le Juif, qui devient son meilleur ami, et sa sœur Claude, dont le corps dégage « l’odeur poivrée des filles d’Abraham » et la chaleur « d’un désert de sable à l’heure où le soleil s’enflamme ». Leur amour, duquel naît un fils mi-juif mi-chrétien, ne dure qu’un temps ; avec l’arrivée des SS, l’horreur prend le pas sur leur quiète existence et François, incrédule, supporte le poids de sa meurtrière lâcheté. Servi par une écriture sans ambages mais énergique et sensuelle, La Juive — que l’écrivain d’origine corse ne cache pas avoir connue — est un récit intimiste, voire innocent ; un acte isolé certes, mais qui se greffe délicatement à l’un des plus tragiques épisodes du XXe siècle.
Par Hélène Simard, Les libraires
Juive (La) François Canniccioni
Septentrion , 2002 Acheter
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