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Les libraires craquent: essai étranger

On the Verge

Bien que les réseaux sociaux célèbrent la sexualité ouvertement et sans honte, il en est le contraire dans la vie de tous les jours. Les hommes craignent toujours de parler de leur sexualité à leur entourage, prenant toutes informations qu’ils peuvent sur Internet et dont le classique : la pornographie. On the Verge nous sert sur un plateau d’or des discussions sincères, sans tabous, sur la sexualité masculine. Tout y passe : BDSM, asexualité, porno, masturbation, sexualité des séniors, polyamour et dépendances. Des témoignages profonds et touchants (c’est le cas de le dire) de plusieurs hommes cis et trans qui nous ouvriront les yeux. Peut-être que certaines confessions vous parleront personnellement!

Le grand monde de Proust

Il y a celles et ceux (pas si nombreux, avouons-le) qui ont lu en totalité À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et s’en délectent encore, il y en a d’autres qui en ont parcouru à ce jour seulement quelques tomes et il y a la majorité qui en est encore à se dire qu’il faudrait bien s’y mettre un jour… Quelle que soit votre catégorie, ce livre de Mathilde Brézet est pour vous. Parmi les quelque 2 500 personnages qui apparaissent dans l’œuvre de Proust, l’autrice en présente une centaine, s’attardant particulièrement à montrer l’évolution de chacun au fil des divers tomes, étoffant son analyse d’extraits et de commentaires de spécialistes. Pour se replonger dans cet univers unique ou se préparer à l’aborder, voilà un incontournable.

Inclusi(·f·v·e·s). Le monde du livre et de l’écrit : quelles diversités?

Pertinent et actuel, cet ouvrage collectif interroge la capacité d’inclusion du milieu littéraire, et ce, dans une perspective volontairement pluraliste, multiforme. Abordant tant le(s) féminisme(s) intersectionnel(s) que l’écologisme, le décolonialisme, les littératures LGBTQ+ et l’autochtonie, ce livre s’adresse non seulement aux éditeurs et éditrices, mais aussi aux libraires, traducteurs et traductrices, revuistes, bibliothécaires et lecteurs et lectrices — bref, à tous ceux et celles qui souhaitent réfléchir aux questions d’altérité et de bibliodiversité ; à tous ceux et celles qui désirent envisager le monde du livre autrement… À lire!

Les humbles ne craignent pas l’eau

Nous sommes en 2016 et les États-Unis accélèrent leur retrait de l’Afghanistan. Correspondant là-bas pour le New York Times depuis 2008, le journaliste Matthieu Aikins voit bon nombre de ses amis afghans craindre le pire avec le retour des talibans. C’est particulièrement le cas pour Omar qui, pendant des années, fut traducteur pour les forces armées américaines. Incapable de réunir à temps toute la paperasse qui lui permettrait de quitter le pays en toute légalité, Omar n’a d’autre choix que de prendre la route vers Lesbos, une épopée de près de 5 000 kilomètres. C’est donc en qualité de reporter que Matthieu Aikins accompagnera son ami dans ce périple, empruntant une fausse identité afghane afin de mieux rendre compte du sort des migrants.

Forêts!

À l’aube de bouleversements environnementaux majeurs induits par l’activité humaine, la forêt n’a sans doute jamais autant été analysée et disséquée. À rebours d’une certaine tendance à l’anthropomorphisme, Forêts! lui rend sa part d’ombre et de mystère, en explorant les nombreuses facettes de l’imaginaire forestier. Richement illustré, ce bel ouvrage propose un éventail d’auteurs aux horizons variés, issus tant de la littérature que de l’univers du cinéma ou de la peinture. Ils nous invitent à parcourir les bois peuplés des Ents de Tolkien, la jungle du Marsupilami ou encore les bocages sacrés chers au shintoïsme, autant de déclinaisons d’une source d’inspiration quasi illimitée.

Le cinquième évangile

Réunissant ses connaissances de théologien, d’historien et de spécialiste des langues bibliques, et faisant appel à la découverte de papyrus, à la science archéologique, aux livres apocryphes et surtout à des témoins (mystiques catholiques) qui font retour sur le passé par leurs visions, le frère Bernard-Marie accomplit ici un travail des plus intéressants. Dans certaines des contributions de ces visionnaires chrétiens se sont manifestées des connaissances géographiques et onomastiques dépassant leur contexte culturel. Des références du Nouveau Testament servent parfois de coup d’envoi à des chapitres de ce « cinquième Évangile », qui, dans un avertissement de l’auteur, n’est pas un Évangile de plus. Finalement, le but est aussi d’édifier le lecteur et, parfois, de jeter un éclairage sur la vie et les paroles de Jésus. Mission réussie.

Jouir : En quête de l’orgasme féminin

Si le génome humain a été séquencé en 2003, il a fallu attendre 2009 pour que soit réalisée la première modélisation 3D de l’ensemble du clitoris. Pour Sarah Barmak, cela témoigne de l’occultation dont la jouissance des femmes fait l’objet. Dans cette enquête, qui combine informations scientifiques et témoignages, la journaliste retrace les différentes conceptions du plaisir féminin à travers l’histoire ainsi que les recherches actuelles contribuant à sa démystification. Avec sensibilité et humour, Barmak aborde également les initiatives mises en place par les femmes depuis les années 60 pour se réapproprier leur sexualité. Si le caractère ésotérique de certaines pratiques décrites peut faire sourciller, celles-ci jouent un rôle indéniablement émancipateur.

 

Capitalisme carcéral

La prison est une invention récente. Jackie Wang nous en fait ici un portrait saisissant et défend la thèse que le capitalisme perpétue ses assises en utilisant la prison comme moyen de contrôle des masses. L’exemple américain qui lui sert de modèle, mais que nous pouvons facilement étendre à tout l’Occident, nous montre une explosion de la population carcérale. Avec la privatisation des prisons, tout se passe comme si l’augmentation des délits et des incarcérations fournissait une main-d’œuvre gratuite à cette industrie florissante. Jackie Wang est une militante de l’abolition des prisons, et son essai nous montre que le capitalisme lui-même doit être aboli. Il faut lire la préface de Dalie Giroux : lumineuse.

Le plaisir des images

La dernière parution de l’historien de l’art et sociologue Maxime Coulombe, Le plaisir des images, concerne la réception de l’image. Comment vivons-nous l’expérience de l’image? Réveille-t-elle en nous des souvenirs nous happant d’une telle force affective, et comment est-il possible de décrire celle-ci? Par une approche neuroscientifique, artistique et philosophique, le concept nous incite, devant l’image, à mettre de côté les acquis contextuels, théoriques et stylistiques, et à valoriser ce qui résonne en nous. Ainsi, l’auteur met à nu le mur des codes et du poids non seulement de la société, mais aussi des institutions (manque de bagage lors d’une visite au musée, peur du jugement d’autrui…), le tout dans le dessein de légitimer l’effet de jouissance que l’image joue dans notre fibre mémorielle, émotionnelle, de désir et de nouveauté.

24 heures dans l’Égypte ancienne

Le pouvoir d’un livre, c’est de faire voyager le lecteur dans le confort de sa maison. Un exercice que j’aime bien, c’est de vivre une journée à une époque définie, appuyée par des faits historiques. Ici, vous passerez une journée dans l’une de mes destinations préférées : l’Égypte. Tout commence à minuit, avec une sage-femme qui met au monde un bébé. Vous passerez ensuite par le briquetier, l’embaumeur et le roi lui-même! L’ensemble des personnages a bel et bien existé, et même si ce tableau est livré à la pièce, vous arriverez à y lire l’entremêlement de plusieurs histoires et de liens entre elles. Par exemple, pourquoi Ipi était-il si détesté? Je vous invite à prendre place dans un fauteuil et à vivre ce voyage pour trouver la réponse à cette question. 

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