Tête première dos contre dos

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La constance de Martine Audet au fil de ses recueils est d’une beauté déconcertante. Ici, l’auteure est plus concise que jamais; une poésie coupée au couteau, contenant la retenue d’une belle sobriété et la violence d’une tempête de silence. La construction poétique d’Audet a de fascinant cette façon de ralentir le rythme, d’amener le lecteur à l’essentiel, de créer le temps, voire de l’arrêter. C’est dans la troisième partie de ce recueil qu’elle aborde le poème de front, l’interrogeant sur des questions vieilles de plusieurs siècles. Le choix de l’énumération de verbes à l’infinitif, couchés plus pâles sur le papier, ajoute à la fois une urgence et une retenue qui ont du souffle. Ce recueil est comme « un éclatement de syllabes/ au moment de tourner la tête ».

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