L’Incendie

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L’Incendie est une oeuvre nécessaire. De 1940 à 1945, l’Allemagne subit une offensive aérienne. Aucune cité n’est épargnée. C’est le déluge du feu, des milliers de bombes qui allument des milliers d’incendies. Avec leurs vieilles maisons à colombages, coincées dans des rues étroites, les villes brûlent bien. Plus de 600 000 civils tués, des souvenirs familiaux, des livres rares, des œuvres d’art, des édifices disparus à jamais : le passé de l’Allemagne n’est plus que décombres. Mais l’efficacité du moral bombing sur le cours de la guerre reste fort douteuse ; il faut une offensive terrestre pour abattre le régime nazi. Les Allemands reconstruisent, oubliant la douleur en se disant, comme Thomas Mann :
« Tout doit être payé ». Deux générations plus tard, l’historien Jörg Friedrich refuse le déni, narre la tragédie sans faire un réquisitoire. Il faut raconter pour inviter les générations futures à la prudence.

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