De la poussière à la chair

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N’en déplaise aux esprits chagrins qui le croyaient mort et enterré, Bradbury n’a pas encore remisé sa dactylo malgré ses 82 ans bien sonnés, desquels il a voué trois quarts à l’agréable tâche de nous faire rêver de mondes étranges, fascinants et horrifiants. Plus d’un demi-siècle après leur parution dans le légendaire magazine Weird Tales, le grand-maître des littératures de l’imaginaire a rappaillé la poignée de nouvelles mettant en scène la pittoresque famille Elliott, composée de momies, de chats sacrés venus d’Égypte, de fantômes, de gargouilles, de vampires, et installée dans un château quelque part en Illinois. Entièrement revues et agrémentées d’inédits intercalaires, leurs aventures délirantes forment une saga enchanteresse, sorte de « roman par nouvelles », à la manière des célèbres Chroniques martiennes. S’y déploie la délicieuse prose de Bradbury, par moments un brin maniérée, mais dont l’arôme distinctif évoque celui du vin d’un été sans fin.

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