Une vie inutile

5

À travers le quotidien morne de Normand, nous rencontrons la solitude. Sans équivoque, l’auteur utilise le cynisme pour la décrire, si bien qu’on hésite toujours entre la tristesse et le sourire. Et pourquoi pas les deux, puisque je lisais récemment que l’auteur croit que «le comique naît du sérieux»? Rédigé sous forme de journal, qui chaque jour comporte son aphorisme teinté d’humour noir, ce livre plaît justement par son intelligence sinistre: «La fête organisée pour financer ma faillite fut un échec». Car dites-vous bien que lorsque le désespoir semble au plus profond, il y a toujours pire à vivre. Le lecteur en ressort compatissant, mais aussi vivifié en se disant qu’il a bien ses petits malheurs lui aussi, mais qu’à se comparer, on se console.

Publicité