Le feu de mon père

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Il y a de ces moments, dans la vie d’un écrivain, où il doit franchir cette porte souvent masquée par la pudeur, oubliée derrière la fiction. Dans Le feu de mon père, Delisle nous entraîne aux confins de l’intime, où ne subsiste aucun tabou, aucun non-dit. Un hors-la-loi s’engouffre dans la mystique à en oublier son fils, le laissant en marge, à la recherche d’une figure paternelle, à jamais handicapée. Ce sempiternel récit sur le père manquant se démarque par une prose concise à la poésie singulière, se lisant telle une confidence. Au-delà des blessures que Delisle revisite, il y a surtout l’écrivain qui se construit dans l’ombre du père; ce besoin de dire, d’écrire. De se raconter des histoires pour fuir le vrai, pour mettre le feu.

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