Amour obscène (L’)

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Alors qu’il visite une exposition de photos de cadavres en compagnie de sa copine d’origine chinoise, Anna, le narrateur rencontre Roxanne, l’amante d’un ami. À la fois fasciné et dégoûté par cette poupée blonde siliconée, vulgaire danseuse nue cocaïnomane, le héros s’engage dans une relation adultère, las d’un tranquille quotidien amoureux, de son impossibilité à dire « Je t’aime ». Car cette chair offerte, ce con imberbe, lui inspirent des fantasmes associés aux photos des meurtres : transcender le sexe et l’amour passe-t-il par la mort ? Le roman érotique, voire porno dans ce cas-ci, est un art capricieux dont les artifices doivent être dosés avec juste assez de perversité pour éviter l’écueil des clichés ou du sentimentalisme mielleux déplacé dans une « histoire de cul ». Ce n’est pas le cas de L’Amour obscène, qui plus est une première incursion en littérature pour Patrick St-Amand, un jeune Québécois habitant actuellement à Taiwan. Dérangeant et hors des sentiers battus : une réussite.

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