Soldats de l’aube (Les)

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J’avais beaucoup aimé Jusqu’au dernier, le premier livre de ce Sud-Africain qui écrit en afrikaans : un roman à la fois classique et exotique qui met en scène un policier au bout du rouleau. L’intrigue était solide et le contexte captivant. J’ai retrouvé avec plaisir, dans Les Soldats de l’aube, ce même type de personnage paumé, humaniste et dépressif, prototype du détective de romans noir. Zet Van Herden un ex-flic très prometteur, alcoolique et violent, qui ne s’est pas remis de la mort de son collègue. Une avocate le convainc d’accepter une enquête sur un testament disparu d’un coffre-fort dont le propriétaire a été torturé et tué. Parallèlement à son travail de recherche, Zet revit la mort de son collègue dont il se sent responsable, peut-être à raison, et questionne les raisons de sa déchéance. Cette double enquête, qui oscille du passé au présent, est très bien construite et nous en apprend sur le passé trouble de l’Afrique du Sud inféodée à Washington, notamment durant la guerre d’Angola : les interventions impérialistes des Américains se suivent et se ressemblent. Mais on constate aussi que l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, multiraciale, conserve certains de ses vieux réflexes racistes et sa violence.

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