Pillards de Bagdad (Les)

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Gérard Delteil n’a pas froid aux yeux. Se servir, comme toile de fond, d’un événement qui peut évoluer comme la guerre en Irak est un pari dangereux. Disons-le d’emblée, il l’a gagné. L’auteur nous offre sa version du pillage du Musée archéologique de Bagdad en collant aux faits. Pourquoi certaines pièces de grande valeur ont-elles disparu avant de réapparaître comme par magie ? Parce qu’elles ont été « fauchées » par un commando d’élite américain en mission ultra-secrète, commanditée par un collectionneur et des éléments de l’armée corrompus. Des personnages aux motivations opposées se croisent, se mentent et s’aiment : des Marines chez qui l’on retrouve peu d’Américains de souche, une pacifiste australienne qui rêve de devenir bouclier humain, un agent anglais chargé de compromettre un député, un journaliste français manipulé par la CIA, un entremetteur libanais qui mange à tous les râteliers et un sosie de Saddam plus vrai que nature. C’est gros, mais le contexte est très réaliste. La justesse des personnages et une intrigue efficace rendent ce roman captivant.

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