Pardonnez nos offenses

1

À l’hiver 1284, les âmes superstitieuses de Draguan, un petit diocèse toulousain, sont ébranlées par le sauvage assassinat de leur évêque. Quelques mois plus tôt, trois corps démembrés avaient été repêchés dans la rivière, macabres découvertes qui menèrent à celle d’Heurteloup, une treizième paroisse « maudite » qu’on supposait décimée par la peste. Cette affaire, où l’odeur de sainteté exhale le remugle de diableries, résonnera jusqu’aux antichambres de la chancellerie du Latran, affolant au passage moult puissances obscures… Malicieusement intrigant, Pardonnez nos offenses privilégie les personnages et l’action au détriment de détaillées mises en contexte. Le lecteur tourne vite les pages, avide de dénouer, à l’instar du savant prêtre Henno Gui ou du débrouillard vicaire Chuquet, le nœud complexe d’un complot bougrement machiavélique. Érudite, cette première œuvre du jeune Sardou (fils aîné de Michel) parle intelligemment philosophie et foi, noblesse et paysannerie, faux-semblants et pouvoir outrancier de l’Église.

Publicité