Max et Maurice en sept mauvais coups

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Peu importe le public auquel s’adresse Christiane Duchesne, quelques constantes confèrent à l’ensemble de son œuvre une remarquable unité : le caractère poétique de l’écriture, son côté ludique et, enfin, l’imagination baroque de l’auteure. Pour cet album, Duchesne s’est inspiré d’un célèbre conte allemand de Wilhelm Busch, Max und Moritz, écrit au XIXe siècle. Le conte met en scène deux chenapans qui ne reculent devant rien pour se payer du bon temps aux dépens des gens du village où ils habitent. Duchesne raconte leurs exploits peu recommandables sur un ton enjoué, proche de celui des comptines ; on est bien loin des contes édifiants d’une certaine littérature jeunesse bien-pensante. Parentes de celles de la BD underground, les illustrations expressionnistes de Siris sont fantaisistes à souhait. Sans doute les parents auront-ils soin d’expliquer aux enfants à qui ils offriront cet album que le comportement des deux petits monstres n’est pas un exemple à imiter…

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