Un nom pour un autre

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Fin des années 1960, un hôpital de la Nouvelle-Angleterre, un couple d’immigrés indiens, une naissance : c’est un garçon! Quel nom donner? Les Ganguli aimeraient bien respecter la tradition. Mais l’administration américaine s’impatiente. Puisqu’il faut vite un nom, alors ce sera Gogol! Si lourd d’émotions pour le père, ce nom n’appartient toutefois ni à la culture bengalie ni à la culture américaine. Avec le temps, son étrangeté dit même jusqu’à l’aversion le sentiment d’étrangeté qui envahit le protagoniste principal. Talentueuse nouvelliste (Pulitzer, 2000), Jhumpa Lahiri signe un premier roman d’une grande maîtrise stylistique. Peintre des nuances du malaise des expatriés dans une Amérique à la fois si exotique et si familière, son récit empreint de retenue n’en acquiert que plus de force. Pour Gogol comme pour Lermontov, «la patrie est là où l’on nous aime».

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