Un miracle en équilibre

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Le second opus de Percival Everett, épopée fantaisiste située « aux frontières de la tradition et du conte », s’impose comme une critique grinçante des médias, des milieux universitaires et des sectes religieuses sévissant aux États-Unis. Héros malgré lui, Théodore Larue est un père de famille de statuts marital et professionnel identiques à ceux de l’auteur. Mais toute ressemblance s’arrête ici : contrairement à Ted, Everett n’est pas revenu d’entre les morts après un accident au cours duquel il a été décapité, pas plus qu’il ne s’est levé de son cercueil durant ses funérailles. Il n’est pas non plus devenu la cible des journalistes et n’a pas été enlevé par des fanatiques religieux avant d’être capturé par les services secrets, qui se livrent à d’effroyables expériences génétiques. Cependant, l’auteur comme le personnage se livrent à une délirante méditation sur la condition des vivants – particulièrement celle de nos voisins du Sud.

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