Tombeau du capricorne

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Dans ce livre hommage à son ami le poète Paul de Roux, Guy Goffette use de son grand talent avec une virtuosité déconcertante. D’entrée de jeu, on est subjugué par le «Le poids du silence», poème où une musicalité mélancolique donne le ton au recueil qui porte bien son nom d’ailleurs, puisque tout est recueillement autour de cet ami. Qui dit décès dit bien sûr regret: «C’est toujours la même histoire et l’on s’en veut/après coup d’avoir laissé dans le feu des paroles/et du vin de sombres nuages monter/sur le front de l’ami.» Ce tombeau, publié en grand format dans L’apprentypographe (NDLR: une défunte série de cahiers de poésie français), est un fort bel éloge à l’homme et au poète, auteur de Le couloir, où il écrivait: «L’immense faiblesse qu’il y a à parler comme si on était vivant (…) tout peut crouler, vous laisser nu et seul.»

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