Terres rares

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J’ai adoré La saga moscovite de Vassili Axionov, son roman-fleuve, l’équivalent de Guerre et Paix de Tolstoï pour la Russie du XXe siècle. Axionov s’y conduisait en écrivain sage; il est devenu rebelle dans Terres rares. Je suis un peu étourdi par sa structure narrative tordue, ses retours en arrière inattendus, ses personnages changeant de nom. L’écrivain se met en scène, pratique la dérision, fait surgir des protagonistes de ses œuvres précédentes. Le comique n’est jamais éloigné du tragique dans ce récit d’une famille d’oligarques enrichie par l’exploitation de métaux recherchés, les « terres rares », et subissant le harcèlement de « cryptobolcheviks », des nostalgiques de l’appareil totalitaire. Axionov s’affirme en conteur doué, un acrobate des mots et des sons, un perspicace analyste de la société russe en mutation.

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