Terre et Cendres

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L’actualité envoie parfois sur le devant de la scène des œuvres passées inaperçues, n’ayant atteint qu’un lectorat très limité faute d’avoir été remarquées par la presse ou parce que l’intérêt pour le sujet qu’elle abordent était pour ainsi dire inexistant. Qui se souciait de la lointaine Afghanistan avant qu’un malheur ne se produise dans notre cour et que l’empire voisin décide de concentrer sa vengeance sur un des pays les plus pauvres de la planète ? De façon plutôt paradoxale, le plaisir des lecteurs provient souvent du malheur par lequel l’œuvre est fécondée. Rahimi livre un récit grandement poétique qui, en termes allusifs, nous place dans un contexte de guerre, la précédente qui bouleversa ce pays, et celle, brutale comme une guerre seule peut l’être, menée par les Soviétiques. Presque tendrement, le narrateur s’adresse directement au personnage principal, ce grand-père qui emmène son petit-fils à la mine où travaille son fils pour lui annoncer le drame qui a secoué le village et la famille. Un texte court, intense et intimiste, dépouillé, à savourer à la petite cuillère.

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